Après la courte et frustrante défaite concédée par le Grenoble Foot 38 face au FC Annecy, l’entraîneur grenoblois Olivier Frapolli s’est présenté en conférence de presse. Entre regret du scénario final, analyse tactique et satisfaction sur l’état d’esprit, il revient sur la prestation de ses joueurs.
Olivier, à quelques minutes près, on aurait presque pu parler d’un bon match nul au vu du bon contenu de votre seconde période. Est-ce que cette défaite fait oublier tout ce que vous avez pu faire de positif ?
Non, il ne faut pas. Et c’est pour ça que je suis déçu pour mes joueurs et pour nos supporters, qui nous ont d’ailleurs remonté le moral tout de suite à la fin du match. Ils ont vu une équipe à la hauteur du derby et d’une formation d’Annecy qui, en gagnant ce soir, est je crois deuxième. On a été à la hauteur.
Paradoxalement, c’est sur notre meilleure mi-temps qu’on perd. Mais malgré beaucoup d’absences, notamment au niveau offensif, j’ai vraiment le sentiment qu’on avance dans le bon sens sur les deux derniers matchs. C’est ce qui atténue un peu ma déception ce soir.
Olivier Frapolli après GF38 – Annecy : « Ça me fout les boules à la 89e minute »
Qu’est-ce qui vous chagrine précisément sur la fin de match ?
C’est la faute sur Clément [Vidal], qui est indiscutable. Il y a un engagement de Rambaud qui lui monte dessus à la 89e minute, pourquoi ça ne siffle pas faute ?
Je rappelle le règlement : la fameuse règle de « sortir le joueur », c’est pour lutter contre les gains de temps. Là, il faisait 34 degrés, Clément a pris un contact, il n’a pas demandé les soins, il s’est relevé. L’engagement de Rambaud n’est pas maîtrisé. Du coup, les deux équipes sont punies en perdant leur joueur un moment, mais nous, on perd notre défenseur central, ce qui nous désorganise complètement. Le but vient de cette action.
Quand on prépare des matchs, on ne prépare pas ça. Il faut faire preuve de discernement entre un joueur qui cherche manifestement à gagner du temps et un joueur qui vient de subir une charge dans la surface. Ça joue sur le match, et à mon sens, un match nul aurait été plus équitable au vu de notre deuxième mi-temps.
« Une deuxième mi-temps de qualité »
Justement, la première période a été plus difficile. Comment l’expliquez-vous ?
On a une équipe en face qui pratique un pressing intense. L’idée était de ne surtout pas tomber dans le panneau, car Annecy a souvent la bonne idée de marquer dans le premier quart d’heure. On avait décidé de sauter les lignes et d’utiliser l’espace dans leur dos, mais on ne l’a pas très bien fait en première période.
Avec la chaleur, on savait que le match allait s’ouvrir. On est très bien repartis en deuxième mi-temps. Quand on égalise, on est dans un temps fort : sur le banc, on pensait même à gagner le match plutôt qu’à préserver le nul, puisque nous avons fait des changements offensifs.
Le choix d’aligner Akpa Akpro dans l’axe, c’était pour chercher de la vitesse ?
Oui, en l’absence de Léo (Cerri), je n’ai pas forcément un profil pour caler les ballons. On sait que Kyllian est plus à l’aise sur les côtés. Pour Akpa ce n’est pas son meilleur poste, mais la volonté était d’essayer de jouer dans le dos pour contrecarrer leur pressing. On a eu les bonnes intentions, mais la réalisation technique a été trop moyenne pour créer plus de danger.
« Une équipe très jeune qui apprend »
On a le sentiment que ces jeunes joueurs progressent. Est-ce aussi votre regard, semaine après semaine ?
Ça ne va jamais assez vite, mais oui. On aligne quand même deux attaquants très jeunes (20 et 21 ans) qui découvrent le niveau. Quand on voit Rambaud qui rentre côté Annecy, on voit la plus-value immédiate. Nos jeunes sont généreux, font beaucoup de courses, mais ça manque parfois de justesse, de malice et de fiabilité technique pour transformer les situations en occasions, et les occasions en buts.
Heureusement, Hugo (Bonnet) est bien rentré (il est passeur sur le but) et il y a la satisfaction de Samba (Lélé Diba) qui confirme dans un rôle un peu plus haut, marquant son deuxième but en deux matchs.
Sentez-vous une urgence de retrouver des forces offensives avec les nombreux absents ?
L’urgence, on ne peut pas lutter contre le temps médical : ce sont des blessures, je n’ai pas de remède miracle. Offensivement, entre Djitté, Lallias,Cerri et Zé Leite, ça fait quatre joueurs importants et expérimentés absents. C’est sûr que ça nous pénalise dans la gestion des matchs serrés. Cela profite toutefois à des jeunes comme Bechikh et crée une émulation positive.
« Les supporters ne se trompent jamais »
On a vu le groupe échanger longuement avec les supporters après le coup de sifflet final. Que vous ont-ils dit ?
Les supporters sont justes, ils ne se trompent jamais. Quand ils considèrent que l’équipe a fait le job malgré la défaite, cela a beaucoup de valeur à mes yeux. Ça veut dire qu’au-delà du jeu, sur l’état d’esprit, on est dans le vrai et qu’on peut construire là-dessus. Leurs mots nous ont touchés. C’est la meilleure récompense qu’on pouvait avoir après être passés aussi près d’un résultat positif.