David Vignes entraîneur du Stade Lavallois

David Vignes (Stade Lavallois) : « Croire à la thèse de l’accident et repartir de l’avant »

Après le coup d’arrêt subi à domicile face à Grenoble (0-3), le Stade Lavallois aborde la réception du Red Star au stade Francis-Le Basser avec la volonté de rebondir immédiatement. En conférence de presse, l’entraîneur lavallois David Vignes est revenu sur la digestion de cette défaite, les axes d’amélioration offensive et sa vision du jeu au micro de notre confrère Cyprien Legeay.

Comment le groupe a-t-il géré ces derniers jours après la claque reçue face à Grenoble ?
C’était une grosse claque, d’autant plus qu’elle était inattendue. On s’est revus dès le lendemain matin pour le décrassage et nous avons fait le retour vidéo très tôt le samedi. Cela a permis d’échanger, de pointer du doigt ce qui n’avait pas fonctionné et d’éviter de ruminer pendant 48 heures sans se voir. Les joueurs ont ensuite pu couper le dimanche, puis dès lundi, nous avons complètement basculé sur le Red Star.

J’ai vu des joueurs très désireux de montrer autre chose cette semaine. Toutes les données le montrent : ce n’était pas un non-match de notre part, mais nous avons payé cash nos erreurs individuelles. J’ai voulu dédramatiser parce que ce résultat ne reflète absolument pas notre début de saison. Je veux croire à la thèse de l’accident. Comme le dit le vieil adage, il vaut mieux prendre une fois 3-0 que trois fois 1-0. L’important est de ne pas tomber dans une forme de sinistrose, de ne pas tendre l’autre joue et de repartir de l’avant.

Sur le plan offensif, comment fait-on pour gagner en efficacité dans les trente derniers mètres ?
C’est un tout. Cela passe par la répétition aux entraînements pour créer des habitudes, mais aussi par le talent propre des joueurs et la prise d’initiatives individuelles. Il faut que nos joueurs, même s’ils sont encore jeunes, prennent leurs responsabilités dans cette zone. Il faut avoir de la personnalité, éviter de faire la passe de trop ou de fuir ses responsabilités en donnant le ballon à un autre. On va échouer en essayant, mais c’est en répétant qu’on finira par réussir. Cela demande un peu de temps, mais j’ai toute confiance dans la dynamique de ce groupe et dans les qualités de notre secteur offensif.

Quel regard portes-tu sur cette équipe du Red Star ?
C’est une très bonne équipe de Ligue 2, qui a peu changé son effectif mais qui a changé de staff. Même s’ils ont perdu des joueurs importants au milieu et qu’ils sont peut-être dans une phase de tâtonnement, ils possèdent déjà des automatismes. Avec leur nouvel entraîneur, leur style a évolué : l’an dernier, ils étaient davantage sur un jeu de possession, alors que cette saison, c’est plus vertical. Le ballon monte plus vite. C’est une équipe composée de joueurs expérimentés pour le niveau.

S’attend-on à un match plus ouvert que face à Grenoble ?
A priori, oui. Ce devrait être un jeu un peu plus ouvert des deux côtés, avec des espaces à exploiter, à moins qu’ils ne décident de changer leur fusil d’épaule après la claque qu’ils ont subie à Reims. Ce sera un match très intéressant car il y a de la qualité dans les deux équipes. Il faudra néanmoins être extrêmement vigilant sur nos pertes de balle et sur nos couvertures, car le Red Star possède un potentiel offensif très intéressant

Ce match t’oppose à Damien Perinnelle, un technicien qui prône aussi un jeu plus entreprenant. As-tu l’impression de faire partie d’une nouvelle génération d’entraîneurs en Ligue 2 ?
Je me considère dans cette philosophie, oui. Même si cela fait 20 ans que j’entraîne au niveau national, j’ai toujours eu cette culture du jeu et j’étais très impatient de me confronter à ce niveau avec mes idées. On s’aperçoit que de plus en plus de techniciens apportent autre chose dans le jeu, même en Ligue 2.

C’est une évolution que je vois d’un très bon œil. Il y a une génération d’entraîneurs, entre 30 et 50 ans, qui a été inspirée par ce qui se fait au très haut niveau et qui arrive à cet échelon avec ses principes : proposer du jeu, prendre des risques et apporter de la verticalité sans tomber dans le simple jeu direct. C’est une excellente chose pour le spectacle et pour le football.

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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