Une page longue de dix-neuf années s’apprête-t-elle à se tourner au FC Nantes ? Sauf improbable retournement de situation, l’aventure de Waldemar Kita à la tête du pensionnaire de Ligue 2 touche à son terme. Le propriétaire, en place depuis 2007, a en effet franchi un cap décisif en signant un compromis de vente sous forme de « put » (promesse de vente) ce mardi 29 septembre avec un pool d’investisseurs.
Un dossier de longue date et un montant qui interroge
Portées par l’entrepreneur et conseiller sportif Paulo Tavares, les discussions durent en réalité depuis près de dix-huit mois. Ce long feuilleton a connu de multiples rebondissements, notamment suite à la relégation du club en Ligue 2. Malgré ces difficultés sportives, un accord de principe a fini par être scellé.
Sur le plan financier, la transaction s’élève à 125 millions d’euros, bonus compris. Soit 100 millions d’euros de base et 25 millions de parts variables). Un montant qualifié de surdimensionné pour un club en grande difficulté, pensionnaire de Ligue 2, qui dispose par ailleurs d’un centre d’entraînement obsolète et d’un stade vieillissant appartenant à la mairie de Nantes. Malgré ces critiques sur une valorisation jugée déconnectée de la réalité, les deux parties ont confirmé l’opération, la famille Kita ayant obtenu des garanties financières avec près de 30 millions d’euros déjà bloqués sur un compte en vue du passage devant l’instance de contrôle.
Paulo Tavares et le défi de convaincre les supporters du FC Nantes
À la tête de Phenix Sports Invest, Paulo Tavares encadre ce consortium d’investisseurs majoritairement français, complété par des profils luxembourgeois et portugais. Affirmant avoir levé plus de 300 millions d’euros, l’homme d’affaires affiche de grandes ambitions pour redorer le blason du club.
Néanmoins, son profil charrie son lot de doutes et suscite une nette défiance de la part des supporters. En effet, ses précédentes tentatives de rachat dans le football (à Valenciennes en 2019, à Saint-Étienne en 2023, ou encore dans un projet à Neuchâtel) n’avaient pas abouti. Pour structurer ce nouveau projet, plusieurs figures ont été ciblées : Jérôme Champagne a été évoqué pour le poste de président, tandis que Vahid Halilhodzic a été approché pour endosser le rôle de manager, une offre qu’il a toutefois déclinée.
Les dernières étapes institutionnelles
Avant de sceller définitivement cette passation de pouvoir, deux étapes cruciales demeurent obligatoires : la consultation des élus du CSE par Waldemar Kita et, enfin, l’aval indispensable de la DNCG, le gendarme financier du football français.