Grégory Poirier, l'entraîneur du FC Nantes en conférence de presse

 « Je suis là pour amener une nouvelle énergie » : les premiers mots de Grégory Poirier, nouvel entraîneur du FC Nantes

Nommé sur le banc du FC Nantes pour relever un défi d’envergure après un début de saison chaotique en Ligue 2, Grégory Poirier s’est présenté pour la toute première fois en conférence de presse ce jeudi. Entre lucidité sur la situation comptable, exigence collective et volonté de redonner confiance à un groupe touché, le nouveau technicien nantais s’est confié sans langue de bois.

La nomination de Grégory Poirier à Nantes et le contexte d’urgence

Comment s’est faite votre arrivée avec la direction du FC Nantes et comment appréhendez-vous ce défi à relever en quelques heures ?
C’est une situation particulière sur l’aspect comptable, mais aussi sur l’aspect humain avec ce changement de coach en cours de saison. Ça ne fait que trois matchs, mais c’est un contexte délicat. J’ai beaucoup échangé avec la direction : il fallait avoir une vision commune et une vraie connaissance de l’environnement. Le club descend de Ligue 1, c’est un grand club. Cela s’est fait rapidement, de façon spontanée, mais de manière naturelle. Pour moi, c’est une immense fierté et une opportunité. Je n’ai pas du tout regardé le passé ou la durée de vie limitée d’un entraîneur ici ; j’ai foi en mon travail. Je suis là pour amener une nouvelle fraîcheur, ma connaissance de la Ligue 2 et donner de la force à l’équipe.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de dire oui après quelques mois d’inactivité ?
C’est un tout. Le club d’abord, dans mon parcours, c’est une magnifique opportunité. Ensuite, les échanges avec les dirigeants m’ont fait sentir un besoin de nouvelles solutions et une vraie confiance. Aujourd’hui, je dois faire un diagnostic précis de l’équipe, mais je me concentre surtout sur ce que je dois apporter. Il reste beaucoup de matchs et de points à prendre. Je refuse de tomber dans le négatif.

L’état du groupe et le chantier mental

Quel groupe avez-vous trouvé à votre arrivée et comment jugez-vous son potentiel ?
Si mon arrivée a été évidente, c’est aussi parce que j’ai trouvé que le recrutement partiel qui avait été fait était de qualité d’un point de vue extérieur. Après, j’ai trouvé un groupe qui vient de perdre et qui est en dessous des objectifs. Forcément, il est affecté. Mon rôle est de leur redonner de la confiance. On a de bons joueurs, mais aujourd’hui, ils ne jouent pas encore en équipe. Mon objectif principal est de créer un véritable collectif. On peut avoir des superstars, si on n’est pas une équipe, ça ne fonctionne pas.

Comment comptez-vous redresser la barre, entre aspect mental et animations sur le terrain ?
L’un ne va pas sans l’autre. Il y a un aspect mental évident, mais il vient aussi du fait d’offrir des repères aux joueurs. Je leur ai dit lors d’entretiens individuels qu’ils doivent aussi se remettre en question. Un coach est là pour structurer, mais les joueurs recrutés doivent faire mieux. Ils ont une chance : ils savent qu’ils sont là et que ce n’est pas eux qui partent. À eux de s’investir pleinement.

Identité de jeu et ambitions sportives

Peut-on s’attendre à retrouver un FC Nantes qui ressemble au Red Star de la saison passée ?
Il faut être intelligent. Si j’arrive et que je veux tout révolutionner pour faire du Red Star à Nantes, je vais me tromper. J’ai une philosophie et un projet de jeu idéal en tête, mais à très court terme, le cadre doit être simple. Si j’arrive à faire jouer mes joueurs ensemble simplement, on gagnera des points. Ensuite, au fil des semaines, on complexifiera les choses. Je veux une identité de jeu forte, oui, car les supporters et les nouvelles générations aiment ça, mais le football est fait pour gagner. L’objectif de fin de saison reste le même : la remontée.

Qu’en est-il de la fin du mercato et des manques dans l’effectif ?
Il reste peu de temps, mais il ne faut pas céder à la panique. Je veux amener de la sérénité. La stratégie de recrutement est menée en étroite collaboration avec mes dirigeants. Il y a des besoins sur chaque ligne, c’est évident, et nous sommes diminués par quelques blessures. Mais je ne garderai que des joueurs engagés, qui ont le respect de l’institution et l’envie de s’investir pour le FC Nantes.

Cap sur Guingamp

C’est un déplacement périlleux à Guingamp ce week-end. S’agit-il d’une victoire obligatoire ?
Tout le monde veut gagner les matchs, et après trois défaites, on a besoin de points rapidement, c’est une évidence. Mais la victoire sera la résultante de plein de paramètres. Concernant Guingamp, c’est une équipe très joueuse et performante dans la possession. Je connais bien ce championnat. Mais une chose est sûre : quand vous vous appelez le FC Nantes en Ligue 2, tous les adversaires ont un supplément d’âme pour affronter le « gros ». C’est un paramètre particulier que nous devons intégrer et maîtriser dès ce week-end.

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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