L’ancien entraîneur de l’AS Saint-Etienne, de l’ESTAC ou encore de Clermont Laurent Batlles a livré un long et passionnant entretien à nos confrères d’EVECT où il revient notamment sur l’évolution du « marché » des entraîneurs, de plus en plus compliqué en France.
« Je regarde avec beaucoup d’attention. Après la Ligue 1, non, car je ne pourrai pas la toucher personnellement. La Ligue 2 oui. La Ligue 3, des clubs étaient intéressés, mais ce n’était pas des challenges qui m’intéressaient. J’ai eu aussi pas mal de sollicitations à l’étranger mais aujourd’hui pour pouvoir partir à l’étranger, il faut déjà être légitime dans ton pays. Il y a eu pas mal de contacts mais pas de finalité. Aujourd’hui, c’est difficile de venir avec ses adjoints, avec un staff. De plus en plus de présidents demandent de venir seul, avec des moyens réduits. Après ce qu’il s’est passé à Clermont pour moi, je ne voulais pas me tromper. Si je repars sur un challenge, il faut qu’il y ait une certaine forme de réussite. Je ne peux pas me tromper, je prends le temps, j’analyse. Avec mon expérience de Troyes, Saint-Étienne et Clermont, je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas.
Avant, tu arrivais avec un analyste vidéo, un préparateur athlétique et un adjoint. Maintenant, les clubs ils se disent que quitte à virer un entraineur, ils préfèrent le virer tout seul que de virer quatre ou cinq mecs… L’argent ne coule plus à flot, les droits TV ne sont plus les mêmes. C’est différent dans chaque club : Saint-Étienne, l’entraineur risque d’arriver avec du monde mais à Reims et Grenoble, les nouveaux entraineurs sont arrivés tout seuls (ndlr, Usaï et Frapolli). Ce sont des choses qui n’arrivaient pas avant. Il y a aussi la valse des directeurs sportifs aujourd’hui qui fait que tant qu’ils ne sont pas en place, ils ne mettent pas leurs entraineurs en place. Les directeurs sportifs sont beaucoup demandés aujourd’hui parce que quand l’un d’eux travaille bien, il y a des offres.
Après il faut savoir ce qu’on accepte ou pas : est-ce que tu acceptes de mettre des plots ou tu ne l’acceptes pas ? Moi ce n’est pas mon tempérament. Je veux entrainer comme je veux, dans le système que je veux et c’est ce que je n’ai pas pu mettre en place à Clermont car je n’avais pas les joueurs pour. On était parti sur un projet de trois ans mais ça n’a pas marché.«