Olivier Frapolli, entraineur du GF38 (crédit photo : Métro-Sports)

Olivier Frapolli (GF38) : « Le bon moment de venir à Grenoble »

Nouvel entraîneur du GF38, Olivier Frapolli s’est confié sur les raisons de sa venue et sur les ambitions qu’il nourrir avec le club de Ligue 2 cette saison.

Olivier, quels sont les arguments qui vous ont convaincu de rejoindre Grenoble ?
« Très vite, je me suis rendu compte qu’entre leurs attentes et mes espoirs, on était alignés sur les mêmes choses. Après cette saison passée à Laval, j’avais envie de découvrir autre chose, un nouvel environnement. J’avais ce besoin là. Les échanges que j’ai pu avoir avec la direction du club, le président, Max Marty, Olivier Monterrubio, m’ont conforté dans ce que je ressentais et j’avais déjà un a priori positif du club à travers des témoignages de joueurs ou de membres du staff. Je pense à Francis de Percin, notamment, sur l’environnement sain et le climat familial de ce club.

Et quand je choisis un club, j’essaie toujours de me projeter en me disant, est-ce que dans ce club-là je vais pouvoir m’épanouir et apporter ce que je peux apporter de mieux parce que je pense qu’on ne peut pas réussir partout. En tout cas, moi, c’est ma devise. J’ai vraiment senti que c’était le moment pour y aller. Il y a évidemment une attente derrière cette nomination et je vais tout faire pour valider la confiance qui a été placée en moi.

J’ai senti que c’était le bon moment de venir à Grenoble avec la volonté de d’insuffler une nouvelle dynamique, d’apporter un second souffle, que ce soit à travers peut-être un discours, mais surtout à travers des actes et un projet de jeu. Que cette équipe ait une identité, qu’on arrive à créer une identité sur la durée et qu’elle puisse aussi rendre fiers ses supporters, parce que évidemment, les résultats, c’est l’essence de notre métier. On est jugé sur nos résultats, mais aussi sur les émotions qu’on est capable de donner. Et voilà. Donc ça m’a paru une évidence de m’engager avec Grenoble. Ils ont été très transparents sur ce que le club avait à offrir, sur la politique du club. On s’est mis d’accord très rapidement. »

Olivier Frapolli : « Il me fallait le bon projet »

Avez-vous eu la tentation de couper après les sept saisons passées à Laval ?
« En fait, il me fallait le bon projet. C’est-à-dire que je ne serais pas reparti pour repartir. Le fait de terminer la saison sur un maintien, évidemment, m’a donné beaucoup d’énergie. Mais effectivement, il me fallait le bon projet pour repartir. Et c’est vrai que les échanges que j’ai pu avoir avec la direction du club m’ont tout de suite donné envie de repartir. Je suis beaucoup à l’écoute de mon ressenti. Donc je me suis écouté et je n’ai pas eu de doute sur l’énergie que j’allais avoir en repartant aussi vite après les barrages. »

Comment pourriez-vous résumer votre philosophie, votre projet de jeu ?
« Le projet, on est en train de l’expliquer aux joueurs. On attend que l’effectif soit stabilisé pour aller encore un peu plus loin. Donc il y aura une présentation sur le stage (au Chambon, ndlr) un peu plus étoffée. Mais le projet de jeu ne concerne pas uniquement le terrain. Il comprend aussi la mentalité, l’état d’esprit, l’investissement quotidien, la culture du travail. Mes premiers mots étaient l’exigence et l’ambition. Parce que c’est tout ça qui va permettre d’aller de plus en plus loin dans le projet de jeu et dans votre identité.

Ce projet de jeu il est chaque année remis au goût du jour si j’ose dire. Je ne fais jamais deux fois la même présentation, même en sept saisons à Laval je n’ai jamais remontré deux fois le même projet parce qu’évidemment il évolue avec les joueurs que vous avez dans votre effectif. Donc c’est un projet qui est toujours mouvant, qui va évoluer au gré de la saison avec ce qu’on va pouvoir mettre en place, avec les résultats, avec ce que ça va donner. Mais il y a des lignes directrices que vous allez découvrir au fur et à mesure, qui reposent sur des convictions assez fortes. Moi, ma volonté, c’est d’impacter au maximum un match à travers une intensité de jeu, qu’elle soit sur l’aspect défensif, avec la volonté d’aller presser, d’aller chercher l’équipe adverse et aussi d’avoir un football qui soit vertical.

Ça ne veut pas dire que tout va se jouer en trois passes ou que sur du jeu direct, évidemment, mais je pense que si on peut marquer en deux passes, alors il faut pouvoir le faire. Je suis plus attiré sur un football qui se veut total parce que je pense que c’est ce que les spectateurs attendent aussi. Et c’est aussi être en phase avec les réalités de notre championnat.

On n’est pas là pour être romantique. On est aussi là pour avoir des résultats parce que ce sont les résultats qui vont amener de la confiance. La confiance va enrichir le projet de jeu et ainsi de suite. C’est un cercle vertueux et je suis bien placé pour le savoir. L’année dernière, quand vous avez peu de résultats, c’est très difficile de mettre des choses en place sur l’aspect technique ou sur l’aspect tactique parce que vous êtes toujours rattrapé par l’urgence du résultat.

Mon objectif, c’est de créer un cadre sécuritaire pour les joueurs, qu’ils sachent exactement quand ils rentrent sur le terrain avant un match, ce qu’ils doivent faire quand on n’a pas le ballon, ce qu’ils doivent faire quand on a le ballon, quand on est chez l’adversaire, quand on est dans notre camp… Construire avec eux un projet qui leur permettra de s’exprimer pleinement. Et dans ce cadre-là, il y a énormément de liberté. »

« Il ne faut rien s’interdire au départ »

Finalement le besoin de se réinventer existe même sans forcément qu’il soit induit par un changement de club ?
« C’est aussi le secret d’une longévité dans un club. Ou alors il faut que tu changes 80% de ton effectif chaque saison. Sinon pour susciter toujours la stimulation de ses joueurs, il faut être en capacité de se réinventer. Je parlais de mes présentations visuelles : les visuels ne sont jamais les mêmes.

Évidemment, on avait une base qui perdurait parce qu’elle était couronnée de succès, avec une défense à 3. C’est ce qui nous a permis de monter, d’être champions, d’avoir la meilleure attaque du championnat, de nous maintenir, de faire deux années consécutives à la 7e place, qui était le meilleur classement du club au 21e siècle en Ligue 2. Cette saison, j’ai changé souvent d’animation parce qu’elle correspondait plus aux joueurs que j’avais à disposition. Mais les principes de jeu, la ligne directrice, sont toujours les mêmes. Et le fait d’avoir cette identité, cette ligne directrice, des idées claires nous a permis, malgré une absence de résultats, de tenir le cap, d’être toujours compétitif. »

Est-ce que vous fixez des objectifs en termes de classement ?
«  Je pense qu’il ne faut rien s’interdire au départ. Il ne faut pas se mettre de frein. Comme je le dis, les limites que l’on a, c’est celles que finalement on s’impose. Notre objectif est de repousser ces limites là. Le Mans a prouvé l’année dernière que tout était possible. Mais il faut aussi avoir évidemment l’humilité nécessaire dans un championnat qui, à mon sens, est certainement dans cette configuration à 18, le plus relevé qu’on ait connu sur les dernières saisons.

Ce qui nous va nous obliger à être meilleurs. Je pense qu’il n’y a pas un joueur de Grenoble à la reprise de l’entraînement qui a pensé que ça allait être facile. Meilleur est le niveau des équipes, meilleur nous devons être. On va évidemment prendre la fameuse expression les matchs les uns après les autres, celle que les journalistes vous aimez bien, qui peut-être de l’extérieur est quelque chose qui n’a pas d’importance mais qui est une réalité parce que chaque match va nous apporter une réponse. De cette réponse, on va passer à l’étape suivante et c’est comme ça qu’on construit. On a de l’humilité mais on se fait ambitieux. »

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A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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