Battus dans les derniers instants sur la pelouse de l’ASSE (1-0), le FC Nantes ne décolle toujours pas au classement. Entre la frustration légitime des joueurs et le discours volontariste de Grégory Poirier, retour sur une défaite qui laisse les Canaris dans le doute. Mais qui offre, paradoxalement, aussi quelques motifs d’espoir.
Grégory Poirier : « Une défaite trompeuse » mais une urgence comptable
Sur le banc nantais, l’heure n’était pas à l’abattement total après la défaite dans le Chaudron. Mais plutôt à l’analyse lucide d’un match où Nantes a frôlé le coup parfait pendant 90 minutes. Pour Grégory Poirier, la prestation de ses hommes tranche radicalement avec la débâcle de la semaine passée face à Dunkerque. Deux défaites, dans les faits, mais pas le même constat.
Face au leader et dans une ambiance incandescente, l’entraîneur nantais a salué la réaction d’orgueil de son groupe. En choisissant de bloquer les espaces et de densifier son bloc défensif (« Si on avait concentré toute notre énergie sur l’aspect offensif, on en aurait pris trois ou quatre »), Poirier a assumé un plan de jeu pragmatique.
Les Canaris ont finalement pêché par manque de réalisme. « Une équipe en confiance aurait marqué », a lâché le technicien nantais, pointant du doigt le manque de justesse technique et le poids psychologique du classement. Lucide, Poirier a également concèdé que les efforts pharaoniques consentis pour museler les Stéphanois ont fini par peser, tout en regrettant l’impact insuffisant de ses entrants dans le money-time.
Usure physique et sentiment d’injustice
Sur la pelouse, le son de cloche est unanime chez les joueurs nantais : la défaite fait mal, très mal, tant l’investissement a été total. « On a essayé de mettre les ingrédients, mais on prend un but à la dernière minute. Ça fait mal, mentalement c’est très dur. » a expliqué Balthazar Pierret au micro de Bein Sports.
Pour Johann Lepenant, interrogé dans les colonnes de Ouest-France, le plan tactique mis en place toute la semaine a pourtant fonctionné dans les grandes lignes, mais l’inefficacité chronique des Canaris les condamne à courir après la réussite. « On a deux grosses occasions, il faut que l’on soit plus efficace sinon ça va être compliqué à chaque match », concède-t-il, soulevant également la question d’un possible craquage physique en fin de rencontre face à la pression stéphanoise.
De son côté, Saïdou Sow, solide face à ses anciens supporters, appelle à la patience et à la continuité. Malgré la frustration d’être tombé sur une formation stéphanoise poussée par un public survolté, le défenseur estime que le contenu affiché doit servir de socle pour inverser la tendance dès les prochaines journées.
L’heure du choix
Le discours de Grégory Poirier pose les bases d’un paradoxe. Le FC Nantes a prouvé qu’il pouvait « regarder les yeux dans les yeux » les cadors du championnat, mais l’addition à la 90e minute rappelle la dure réalité du classement.
La manière a rassuré sur l’état d’esprit du groupe, mais le temps presse. Pour espérer s’extraire de la zone turbulente, les Nantais devront impérativement allier cette nouvelle assise défensive à un réalisme offensif retrouvé dès la prochaine levée. Une défaite trompeuse, certes, mais une défaite tout de même.
Le FC Nantes est sur la bonne voie dans le jeu malgré ce nouveau revers. Mais l’urgence comptable doit-elle primer sur la manière ? C’est tout le paradoxe auquel va être confronté Grégory Poirier dès la prochaine journée.