Yohann Magnin sous le maillot du GF38 crédit Alice GILLOOTS @aliceonthefield / Métro-Sports

Avant ASSE – GF38. Yohann Magnin : « Si on n’a pas envie de jouer dans le Chaudron un samedi soir, il faut changer de métier »

À quelques heures du déplacement du Grenoble Foot 38 sur la pelouse de l’AS Saint-Étienne, ce samedi 22 août dans le cadre de la 3ème journée de Ligue 2, le milieu de terrain Yohann Magnin s’est présenté en conférence de presse. Entre ambition, apprentissage d’un effectif profondément renouvelé et souvenirs de son passage à l’étranger, le joueur s’est confié sur les enjeux de cette rencontre.

Quel est votre état d’esprit à l’approche de ce déplacement dans le Chaudron ?
C’est un match important pour nous parce qu’on sait qu’on a un gros début de championnat. On a ouvert le compteur de points, mais il va falloir gagner ce premier match le plus tôt possible. Que l’on aille à Saint-Étienne ou à Laval, dans notre tête, c’est pareil. Après, c’est sûr que Saint-Étienne fait partie des beaux stades et des grosses écuries. Jouer un samedi soir amène un contexte différent, mais il faut l’aborder comme un match normal : il y a 3 points au bout, c’est le plus important.

Faut-il canaliser les plus jeunes de l’effectif face à l’ambiance attendue ?
Ce sont des matchs qui donnent envie de jouer. Si on n’a pas envie de jouer à Saint-Étienne un samedi soir de Ligue 2, il faut changer de métier. On en a discuté : il ne faudra pas être surpris, comme on a pu l’être à Dunkerque, par la vitesse du jeu, l’intensité et le public. Même si les kops seront fermés, il y aura du bruit et on s’entendra moins bien sur le terrain. C’est ce qui m’avait marqué quand j’étais jeune en Ligue 1 : on se sent tout seul, donc il faudra vite se mettre dans le match pour ne pas subir l’impact d’entrée. On a mis l’accent là-dessus cette semaine.

Saint-Étienne a bien démarré son championnat, est-ce une pression supplémentaire ?
Le classement est encore anecdotique. Ce qui est sûr, c’est qu’on affronte une équipe en confiance, qui ne va pas gérer, qui va se donner à 100% et venir nous chercher haut. On sait à quoi s’attendre sur le début de match, à nous de trouver les armes. On y va en conquérants, car on a besoin de prendre des points, peu importe l’adversaire.

Le match nul et le contenu contre Metz ont-ils fait du bien après la déconvenue de Dunkerque ?
On a été déçus de nous après Dunkerque. On n’avait jamais été autant absents ou dépassés pendant la préparation. Metz est une grosse écurie qui finit souvent dans les cinq premiers, et on a fait plus que jeu égal. On s’est bien rassurés dans le contenu et l’état d’esprit. Comptablement, il ne faut pas s’affoler en ce début de championnat, mais on sait qu’il va falloir avancer, et samedi est une belle occasion.

Est-ce une nouveauté pour vous d’arriver dans une équipe où tout a changé (staff, colonne vertébrale) ?
C’est un projet à moyen terme axé sur la stabilité et l’ambition. Le club a beaucoup changé en coulisses, l’effectif a bougé, le coach est nouveau. Il faut que tout s’imbrique. On savait qu’on ne serait pas à 100% au début. La réalité du foot reste le week-end : si ça ne paye pas, on est toujours jugé sur les résultats. Mais si on produit de bons contenus, les résultats finiront par venir.

Les conditions estivales et votre style très énergivore pèsent-ils en ce début de saison ?
Aucun joueur ne se sent mieux en août qu’en octobre ou novembre, c’est évident. On ne peut pas être à 100% pendant toute une mi-temps en ce début de saison. Toute la difficulté réside dans la gestion des temps forts et des temps faibles, en s’adaptant quand les joueurs offensifs ou les milieux tirent un peu la langue. On a su le faire contre Metz en fin de match, ce qui montre des progrès par rapport à Dunkerque.

Que retenez-vous de votre passage à l’étranger ?
J’avais envie de découvrir l’étranger et de retrouver cette flamme, cette mentalité de devoir gagner chaque week-end en jouant les premiers rôles. Le plan sportif a été très enrichissant (découverte de styles de jeux directs, grosses intensités, matchs amicaux européens). Les infrastructures et niveaux sont très disparates, mais cela m’a forgé une palette plus étoffée. Je suis très heureux d’être revenu en Ligue 2, qui ressemble de plus en plus à une « Ligue 1 bis » avec de superbes conditions. Une saison là-bas (ou plutôt 8-10 mois) a largement suffi, mais ce n’est pas une année perdue, bien au contraire.

Avec des latéraux très offensifs et votre position dans la zone de vérité sur les corners défensifs, comment gérez-vous ces rôles ?
Nos latéraux apportent beaucoup offensivement et il ne faut pas s’en priver. Avec les centraux, ma responsabilité est d’assurer la couverture et de couper les contres adverses pour ne pas se faire prendre.

Sur les coups de pied arrêtés, le staff m’a confié la charge de bloquer les grands attaquants adverses. À la régulière, je pars avec un déficit de taille, donc je dois compenser par l’expérience, le placement et l’anticipation pour les gêner au maximum.

Comment se passe la relation au milieu avec Maël Corboz ?
On a des responsabilités de par notre expérience et notre position centrale. On a une excellente relation sur et en dehors du terrain, on échange beaucoup. Avec le temps de jeu, les automatismes s’installent. On se parle de moins en moins sur le terrain, ce qui est bon signe : on sait instinctivement comment l’autre va se positionner. Côté volume, on tourne généralement autour de 12 kilomètres par match, ce qui est le standard à ce poste.

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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