Crédit photo : @aliceonthefield (Instagram) Alice GILLOOTS

Culot et délivrance : le Stade Lavallois n’est plus dernier de Ligue 2

En abandonnant un temps son football léché au profit d’un pragmatisme assumé, le Stade lavallois a signé un succès capital face à Boulogne (1-0) lors de la 11e journée de Ligue 2. Une victoire dans la douleur scellée par un coup d’éclat à l’instinct de Mathys Houdayer.

Englués à la dernière place du championnat depuis un mois et demi et privés de victoire depuis le 14 août, les Mayennais ont enfin brisé la spirale infernale ce vendredi sur la pelouse de Le Basser. Face à un concurrent direct, l’US Boulogne CO, les joueurs de David Vignes se sont imposés sur la plus petite des marges (1-0), quittant, de fait, la dernière place du classement en remontant en 16ème position.

Un changement de philosophie assumé

Pour décrocher ce premier succès référence à domicile, le technicien lavallois David Vignes n’a pas hésité à faire des concessions. Habituée jusqu’ici à relancer court, l’équipe a troqué ses habitudes pour une approche beaucoup plus verticale, visant à faire mal dans le dos de la charnière de l’USBCO.

Un choix payant qui a provoqué l’expulsion du défenseur boulonnais Thiam juste avant la pause (43e), mais surtout une maturité tactique revendiquée par le coach. « Je ne voulais pas qu’on s’entête à jouer dans l’axe pour se faire contrer comme par le passé. Par rapport à ça, on a grandi. C’est bien de faire preuve d’un peu de maturité et d’arriver à changer son fusil d’épaule. », a déclaré le technicien dans les colonnes de Ouest-France.

Cette rupture avec le jeu habituel a été pleinement intégrée par le vestiaire. « Parfois il faut savoir s’adapter et prendre sur soi pour que l’équipe aille mieux », résume avec humilité l’attaquant Mathys Houdayer.

Un chef-d’œuvre au culot

Dans une rencontre étriquée et marquée par la tension, la lumière est venue d’une frappe splendide et spontanée des 30 mètres déclenchée par Houdayer. Un geste d’audace pure venu débloquer une situation crispante. « C’est le culot qui fait que je la tente. C’était à l’instinct, j’ai vu le bon rebond et le gardien un peu avancé. Mais je peux la refaire dix fois, je ne la remettrais pas dix fois, c’est sûr et certain ! » s’amusait le héros du soir à l’issue de la rencontre.

Forts de cet avantage et en supériorité numérique toute la seconde période, les Lavallois ont pourtant souffert, oscillant entre le désir d’enfoncer le clou et la peur de tout perdre. Une fébrilité assumée sans complexe par le banc tango. « On a senti toute la seconde période la fébrilité qui gagne les équipes dans notre situation. Mais on a réussi à faire le dos rond. Il n’y a pas de honte à ça, c’est tout à fait normal », a positivé David Vignes.

Autre motif de satisfaction majeurs : la défense a tenu bon pour s’offrir une première clean-sheet cette saison. Une fierté pour le défenseur Mamadou Sidibé, précieux pour son retour dans le onze de départ aux côtés de William Bianda. « Ne pas prendre de but, ça fait vraiment plaisir en tant que défenseur. On a pu montrer qu’on pouvait faire quelque chose, et en plus face à un concurrent direct. C’est une très bonne opération. »

Le Stade Lavallois doit enchainer pour ne plus regarder derrière

En se hissant à la 16ème place, Laval respire mieux, mais le plus dur commence : confirmer pour s’éloigner définitivement de la zone de relégation. Mathys Houdayer affichait d’ailleurs une confiance lucide quant au potentiel de son groupe « Quand on est lanterne rouge, les gens sont vite apeurés, mais moi je savais qu’on n’allait pas le rester vu ce qu’on propose. Il nous fallait un match comme celui-là, maintenant le but est de continuer. »

La délivrance est là, la dynamique est lancée : reste désormais à transformer ce déclic en véritable élan pour la suite du championnat.

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

Vérifiez également

Ligue 2. Le DFCO prolonge Paul Bellon

C’est un des hommes forts du DFCO et une des révélations de Ligue 2 en …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *