L’hymne de la Ligue des champions, la joie d’un sacre en Coupe de France… tout cela ne semblait être qu’un lointain rêve pour Florian Sotoca. Lui, le Narbonnais, qui n’a jamais intégré un centre de formation, vagabondant dans les divisions amateurs pendant de longues années. Mais à force de travail et d’acharnement, il a gravi un à un les échelons du football français jusqu’à s’imposer comme l’un des piliers du RC Lens. Un parcours atypique qui force le respect.
Le football est fait de belles histoires. Celle de Florian Sotoca fait indéniablement partie de celles-ci. C’est au FU Narbonne, le club de sa ville natale, que cette dernière débute. « Soto » n’est alors âgé que de 6 ans lorsqu’il chausse pour la première fois une paire de crampons. Mais, au fil des années, le Parc des Sports de l’Amitié va devenir son jardin. Durant plus de 17 ans, il défend les couleurs narbonnaises, de la DH à la CFA 2, avec le soutien de son plus fidèle supporter : Jean-Louis, son père, qui l’accompagne aujourd’hui encore aux quatre coins de l’Hexagone.
Un soutien précieux pour celui qui décide de quitter son club de cœur afin de rejoindre Martigues en 2013. L’adaptation au quatrième échelon du football français n’est alors pas évidente pour l’avant-centre (1 but en 26 matchs). Mais cette même année, c’est dans une tout autre compétition que le Narbonnais va s’illustrer en décrochant un trophée de prestige : le championnat du monde universitaire. Lors de cette olympiade à Kazan (Russie), l’imposant attaquant se distingue d’un coup de tête rageur en finale. De quoi faire le plein de confiance avant de s’engager à Béziers la saison suivante pour y vivre une expérience de six mois.
Durant ce court passage au sein du club biterrois, Florian Sotoca inscrit notamment un doublé face à la réserve du MHSC. Une performance qui ne passe pas inaperçue auprès des recruteurs montpelliérains, qui décident de l’enrôler en 2015. Après de longues saisons à côtoyer le monde amateur, il semble alors atteindre le graal : la signature d’un contrat professionnel.
Mais son aventure héraultaise est loin d’être idyllique tant le contexte montpelliérain est compliqué : le club lutte pour sa survie dans l’élite et le staff vient de changer. Résultat, celui qui est alors utilisé comme latéral droit ne connaît qu’une poignée de secondes de jeu en Ligue 1, en plus d’une titularisation en Coupe de la Ligue. Le Narbonnais décide alors de se relancer en rejoignant l’ambitieux projet du GF38, pensionnaire de CFA. Un choix payant. Sous les ordres d’Olivier Guégan, le Narbonnais s’impose rapidement à Grenoble en étant l’un des grands artisans de la montée en National. Apprécié pour ses qualités humaines et footballistiques, il fait rapidement l’unanimité auprès des supporters grenoblois, qui lui réservent un chant en son honneur.
Meilleur buteur du club en National, il permet aux Isérois de retrouver l’antichambre du football français la saison suivante. Lors de celle-ci, Florian Sotoca s’illustre en inscrivant douze buts, terminant ainsi l’exercice comme meilleur buteur du GF38. Des performances qui tapent dans l’œil d’un club mythique du Nord de la France : le RC Lens.
Et là encore, le longiligne attaquant ne tarde pas à faire parler de lui. Auteur de huit réalisations pour sa première année avec les Sang et Or, Florian Sotoca termine de nouveau meilleur buteur du club. Parmi ces réalisations, l’une restera gravée dans le cœur du public lensois : son penalty face à Orléans, le 9 mars 2020. Dans un stade vide du fait du contexte sanitaire, le Narbonnais inscrit l’unique but du match. Il ne le sait pas encore, mais celui-ci sera synonyme d’accession en Ligue 1, cinq ans après que le RC Lens a quitté l’élite.
Ce n’est alors que le début d’un rêve pour celui qui côtoyait le monde amateur quelques années auparavant. Sa combativité, son dévouement et son amour pour le maillot sang et or vont lui offrir une place particulière dans le cœur des supporters lensois. Auteur de 42 buts et 31 passes décisives en 250 matchs, il n’est autre que le joueur le plus décisif du club nordiste au XXIe siècle.
Le chouchou du stade Bollaert va notamment participer à l’une des compétitions les plus mythiques : la Ligue des champions. Passeur décisif contre Séville, le polyvalent sudiste, capable d’évoluer sur le front de l’attaque tout comme piston droit, va marquer de son empreinte l’épopée lensoise. Et même si son temps de jeu s’est réduit ces derniers mois, le vice-capitaine demeure un pilier du vestiaire. Sa récente prolongation jusqu’en 2027 en est la parfaite illustration.
Après avoir soulevé la Coupe de France en mai, l’ancien Grenoblois s’apprête à vivre une septième saison sous le maillot lensois, durant laquelle il retrouvera la plus belle des compétitions européennes. Le rêve se poursuit pour le Nordiste d’adoption au parcours atypique…