Un épilogue cruel mais finalement pas si inattendu que ça. Alors qu’il tenait sa première victoire de la saison à domicile, le GF38 a cédé dans le temps additionnel face à Clermont (1-1), vendredi, lors de la 7ème journée de Ligue 2. Un scénario représentatif des maux grenoblois de ce début de saison. Décryptage.
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Une fin de match « naïve » qui coûte très cher
Le coup de sifflet final a laissé des traces. Alors que le GF38 menait au score et semblait maîtriser les débats, une dernière action clermontoise est venue doucher le Stade des Alpes à la 92e minute. Pour Olivier Frapolli, le problème ne vient pas tant de l’égalisation elle-même que de la gestion du ballon dans les instants qui l’ont précédée. « C’est ce que je leur ai dit tout de suite après le match (…), on doit aussi apprendre à gérer un score dans les arrêts de jeu. On a le ballon sur le côté droit, je ne sais pas pourquoi on centre s’il y a personne dans la surface. On doit apprendre à geler le ballon, à le mettre sur le côté et à faire tourner le chrono. »
Le coach n’hésite pas à pointer du doigt un manque d’expérience criant. « On a donné une munition supplémentaire à Clermont qui l’a bien exploitée. C’est dommage d’avoir fait preuve de naïveté à ce point-là. On est à la 92e, tenir le ballon sur les deux minutes qui restent, ça fait partie des choses du jeu. »
Le technicien grenoblois n’hésite pas à lancer des jeunes, parfois par obligation. Le revers de la médaille réside dans une forme de naïveté, ou d’un manque de vice selon sous quel angle on veut aborder le problème. Mais la conséquence est la même : deux points de perdus. En espérant que la leçon soit retenue pour la suite. L’erreur est pardonnable, sa répétition le sera moins.

Le problème du « break » et des mauvais choix offensifs
Avant de subir dans le temps additionnel, Grenoble a eu de nombreuses opportunités pour tuer le match. Une entame pressing étouffante (récompensée par le but) puis des situations de contres mal négociées. Frapolli regrette ce manque de justesse et de percussion dans le dernier tiers. « On se précipite dans le dernier geste, on ne va pas suffisamment provoquer l’adversaire pour le mettre en difficulté. On a manqué un peu de justesse dans les 30 derniers mètres pour convertir, mais c’est quelque chose qui nous caractérise quand même. Tant que tu ne fais pas le break, tu es toujours à la menace. »
Un constat lucide sur les limites actuelles de son attaque, incapable de soulager sa défense. « C’est sûr qu’à Laval, quand tu as 3 buts d’avance, ta fin de match elle est beaucoup plus sereine. Quand tu as 1-0, l’adversaire pousse et joue son va-tout. Et voilà, c’est là où on n’a pas été bons. »
Si le technicien n’a pas été d’accord avec cet argument, il nous a semblé aussi que sur certaines situations en seconde période, les pensionnaires du Stade des Alpes ont joué « avec le frein », n’allant pas au bout de leur(s) idée(s), sans doute par frilosité et peur de se faire contrer. Il faudra à Grenoble apprendre à lâcher un peu plus les chevaux pour se mettre à l’abri quand il le peut.
Continuité assumée mais « goût d’inachevé » avant la trêve
Pour cette rencontre, Olivier Frapolli avait fait le choix fort de reconduire le même onze de départ, préférant s’appuyer sur la dynamique et les automatismes en cours plutôt que sur la rotation. Un choix assumé et qu’il juge pertinent au regard de la première période. « J’ai jugé que sur la dynamique présente, au moins sur 45 min, c’était la bonne décision et je pense que c’était, au vu du match, le bon choix parce qu’on a vu une équipe qui se trouvait, qui était vite en jambes. »
Mais le résultat brut laisse des traces au classement. Une victoire aurait permis au GF38 (13ème avec 8 points) d’enchaîner deux succès consécutifs et de basculer dans la première partie de tableau avant la longue trêve internationale de trois semaines. « Quand on voit le classement, c’était une super opération. On passe d’une très bonne soirée à quelque chose qui nous laisse vraiment des regrets. C’est rageant. Ça nous laisse un goût d’inachevé, mais c’est bien aussi d’avoir des goûts inachevés parce que c’est ce qui vous maintient toujours en éveil et qui vous empêche de vous endormir. »
Privés d’un jour de repos supplémentaire qui leur tendait les bras en cas de succès, les Grenoblois vont s’entraîner jusqu’à jeudi avant de couper. Avec, dans les têtes, la nécessité absolue d’apprendre à fermer la boutique. Les trois semaines de préparation ne seront pas inutiles pour un collectif qui a malgré tout déjà montré de belles choses qu’il ne faut pas oublier.