Auteur d’un retournement de situation spectaculaire avant d’être puni dans les derniers instants, le FC Nantes a concédé un match nul riche en émotions à Guingamp. Dans les colonnes de Ouest-France, le nouvel entraîneur des Canaris, Grégory Poirier, est revenu sans langue de bois sur cette rencontre à rebondissements, entre regrets évidents et motifs d’espoir pour la suite de la saison.
Menés rapidement au score après un début de match cauchemardesque, les Nantais ont frôlé la rupture face à un EAG opportuniste. Une entame compliquée que l’entraîneur nantais n’a pas éludée. « Il ne faut jamais lâcher. Je me suis surtout dit qu’un match, c’est long. Il fallait trouver des solutions, et espérer ne pas prendre trop de buts. Le 2-0 fait mal mais il fallait réagir. Si on n’était pas revenu à 2-1 à la pause, la seconde période aurait sûrement été plus compliquée », a confié Grégory Poirier, pointant l’équilibre à trouver en matière de maturité collective : « C’est une bêtise, cela ne doit pas arriver et il s’est excusé. On est sanctionné par un top but. Et sur la fin de match on doit optimiser. Cela fait partie des axes d’amélioration. Il faut encore amener des choses sur l’intelligence, la maturité. »
« Si on est frustré, c’est parce qu’on a fait quelque chose de très bon »
Le scénario de la rencontre laisse inévitablement un goût d’inachevé, notamment en raison de ce penalty concédé dans les derniers instants du temps réglementaire. Pourtant, la physionomie de la seconde période offre de solides motifs de satisfaction au staff technique. Grégory Poirier analyse cette transition tactique avec lucidité. « Oui, si on est frustré, surtout au regard de notre début de match, c’est parce qu’on a fait quelque chose de très bon en deuxième mi-temps. On a imposé notre jeu, une pression à l’adversaire. On a pu mettre nos valeurs techniques en place. J’ai l’impression qu’on a vu deux matches différents. En 2e, l’emprise technique a été bien supérieure à ce qu’on a subi en première. On a défendu beaucoup plus en avançant. Tactiquement j’ai remédié à certaines choses aussi. »
Contraint de composer avec un groupe amoindri par les blessures, les absences et l’urgence de son arrivée récente sur le banc, l’entraîneur a dû s’adapter en cours de route : « En temps normal, je n’aurais peut-être pas agi comme ça en début de match. Je me suis adapté alors que j’aurais dû partir directement dans ce que je voulais faire. Ce que j’ai aimé, c’est que les garçons étaient déterminés. Je vais m’appuyer là-dessus, et ça, c’est un ressenti positif. »
Nantes doit regarder vers l’avant après ce nul à Guingamp
Malgré le sentiment mitigé qui prédomine après ce partage des points, le coach nantais préfère retenir le positif et se tourner vers les prochaines échéances. Conscient que « l’équipe est encore un peu malade », il insiste sur le travail à fournir tout en saluant l’état d’esprit affiché par son groupe. « La fin de match va donner un sentiment spontané de déception et de frustration. Il y a ce fait de jeu après avoir fait le plus dur et renversé la situation. Cela va nous servir de leçon. Après il faut être positif, on a fait ce qu’on voulait faire. On aurait pu, dû marquer un ou deux buts de plus. Il y a du travail défensif à faire sur les coups de pied arrêtés. Mais on peut lever la tête, il y a eu une très belle réaction, les joueurs ont affiché un bel état d’esprit. »
Enfin, l’entraîneur a tenu à souligner l’importance de communier avec le public nantais, dont les encouragements en fin de match ont été précieux. « On a besoin d’eux, Nantes est un grand club et c’est toujours mieux quand les supporters nous soutiennent. Pour cela, il faut des émotions. Je connais les enjeux. Mais je sais aussi que si on fait des matches comme notre 2e mi-temps, ça ira mieux. »
Le malade nantaise est toujours convalescent mais le scenario un peu fou du match à Guingamp peut lui offrir quelques motifs d’espoir malgré une frustration légitime et des points toujours inquiétants.