Le feuilleton autour de la vente du FC Nantes prend une tournure de plus en plus tendue en coulisses. Alors que la famille Kita s’achemine vers un départ après près de deux décennies à la tête du club, le projet de reprise porté par l’homme d’affaires Paulo Tavares se heurte à une opposition interne selon les informations de Ouest-France.
Réuni en session extraordinaire, le Comité social et économique (CSE) a tranché net : un avis défavorable a été prononcé à l’unanimité par les représentants du personnel.
C’est par le biais d’un courriel transmis à l’ensemble des salariés que la position officielle du CSE a été officialisée. Les représentants syndicaux et du personnel n’ont pas mâché leurs mots concernant le consortium d’investisseurs européens (français, luxembourgeois et portugais) mené par Paulo Tavares et la structure Phenix Sport Invest.
Le comité pointe du doigt le manque de garanties financières et la fragilité du projet global, estimant que la viabilité des repreneurs soulève de « graves doutes ». Les craintes exprimées sont lourdes pour l’avenir de l’institution : risques de conséquences directes et irréversibles pour les salariés du club et doute persistant sur la solidité économique à moyen et long terme du projet de rachat, estimé entre 100 et 125 millions d’euros.
Le personnel encourage ouvertement les supporters et les amoureux des Canaris à exprimer leur désaccord face à cette vente.
Un contexte sportif et historique sous tension
Cette fronde interne intervient dans un climat déjà lourd pour le club nantais. Après dix-neuf ans de présidence de Waldemar Kita – marqués par une instabilité chronique sur le banc (24 entraîneurs en près de deux décennies), une contestation populaire récurrente et une relégation sportive en Ligue 2 actée cet été –, le propriétaire actuel cherche urgemment à tourner la page. Acquis pour une dizaine de millions d’euros en 2007, le FCN pourrait ainsi changer de mains pour une somme avoisinant les neuf chiffres, malgré la décadence sportive récente malgré le succès en Coupe de France en 2022.
Malgré son impact fort sur le plan médiatique et symbolique, l’avis rendu par le CSE demeure purement consultatif. Il ne constitue donc pas un veto juridique bloquant la transaction.
Pour autant, le chemin est encore long avant de sceller définitivement la vente. Le dossier doit désormais atterrir sur la table de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Le gendarme financier du football français aura la lourde tâche d’auditionner la direction actuelle ainsi que les acquéreurs potentiels pour valider ou casser les garanties financières apportées. Les supporters nantais, quant à eux, observent ce feuilleton avec une anxiété légitime, espérant que l’avenir de leur club ne sera pas sacrifié sur l’autel d’une transition hasardeuse.