Ewan Hatfout a prolongé avec le Mans jusqu'en 2029

Ewan Hatfout (Le Mans FC) : «  La défaite, je la hais ! »

Le gardien Ewan Hatfout a prolongé avec le Mans jusqu’en 2029. Le portier de 26 ans « véritable symbole de notre collectif par sa fidélité et son engagement sous nos couleurs » selon les mots de son club, s’est confié sur sa saison, couronnée d’une montée en Ligue 1, et sur son statut de doublure.

Bonjour Ewan. Il y a eu tellement de choses cette année que c’est difficile de savoir par quoi commencer ! Peut-être déjà est-ce qu’en terme d’émotion c’est la plus grosse année sportive que tu ais vécue ?
« A titre collectif, oui. Mais à titre individuel, c’est un petit peu partagé dans le sens où, oui j’ai joué les deux derniers matchs les plus importants, qui ont permis l’équipe d’accéder à l’échelon supérieur, mais comme je suis compétiteur, le fait de ne pas avoir forcément participé à tous les à toutes les rencontres, j’ai moins ce sentiment que les collègues qui ont fait quasiment les 34 matchs.

Eux en fin de saison, ils en avaient plein les chaussettes. Tu voyais les larmes dans leurs yeux, c’était un peu le Graal, un aboutissement de tous les efforts fait tout au long de la saison en matchs ou pour les préparer. Je suis forcément très heureux de pouvoir retrouver la Ligue 1 que j’avais connu avec Dijon en 2019. Mais j’aurais surement eu une émotion plus pleine si j’avais fait les 34 matchs. »

Ewan Hafout : « Le coach veut que je sois un élément moteur de l’équipe »

Tu viens d’être prolongé jusqu’en 2029. Est-ce que c’est ce côté compétiteur, qui va aussi permettre Nicolas Kocik d’être poussé au quotidien pour rester n°1, qui a incité le club et Patrick Videira à vouloir poursuivre sur la durée avec toi ?
« Je pense forcément oui. Dans le modèle des gardiens de but d’aujourd’hui, je ne suis pas forcément dans les normes (il fait 1m80, ndlr). Donc j’essaie de compenser ça par mon envie de gagner. Ce que je te dis là c’est dans le foot mais aussi à la pétanque ou dans n’importe quel domaine.

C’est ce qu’a vu Patrick Videira en moi. Avant son arrivée, on en avait déjà longuement discuté. Et, un jour il m’a dit qu’il avait l’impression de se voir15 ans auparavant quand il était joueur et qu’il avait envie de tout gagner. La défaite, je la hais. Et je pense que c’est ce qui plaît à Patrick. Quand j’ai reçu son appel la semaine dernière, il m’a dit, et c’est également ce qu’il avait expliqué à la direction, qu’au-delà de mon importance dans le groupe, qu’il voulait que je sois un élément moteur de l’équipe, que je tire les gars vers le haut. Ça va être une saison compliquée en Ligue 1, même si on aura des choses à valoir aussi. »

Est-ce que tu avais d’autres options ou d’autres envies cet été ?
« Si on était resté en Ligue 2, l’envie d’être prêté aurait été ma première ambition. Mais là on monte encore d’un échelon. Mon envie première est de pouvoir m’imposer au Mans parce que je n’ai pas encore réussi à le faire. Et de pouvoir goûter un maximum à ces matchs de Ligue 1 »

Même si vous vous entendez très bien et qu’il avait été élogieux à ton égard, le message envoyé à Nicolas Kocik c’est donc qu’il va devoir être meilleur ?
« (rires) C’est ça ! Avec Augustin Delbecque on est une belle triplette de gardiens. Chacun veut prendre la place de l’autre et au quotidien on se tire la bourre. On a tous envie de jouer. Mais le projet il est collectif plus qu’individuel. Quand je suis sur le banc, j’essaie de mettre Nicolas dans les meilleures conditions. Sur les deux derniers matchs, Augustin a fait tout ce qu’il pouvait pour me mettre dans les meilleures conditions afin d’être le meilleur possible et pouvoir ramener des points à l’équipe. »

« Dès le 30 juin Patrick Videira nous a dit que l’objectif était la Ligue 1 »

Vous voilà en Ligue 1. Quand est-ce que l’idée d’une accession possible a commencé à germer dans vos esprits ?
« Le 30 juin dernier, quand on reprend l’entraînement, on a les mots du coach dans l’amphithéâtre nous disant que l’objectif c’est de faire remonter le club en Ligue 1. Au début, on en souriait un petit peu. Je me rappelle qu’on s’est retrouvé dans le vestiaire juste après en se disant, mais attends il est fou. On vient de monter en Ligue 2, laisse-nous d’abord nous maintenir (rires) !

On a eu un début de championnat compliqué. Je pense qu’il fallait s’acclimater aussi à la Ligue 2. Et puis après il y a eu cet incroyable enchaînement de 20 matchs toutes compétitions confondues sans défaite qui nous a fait du bien avec des victoires à Saint-Étienne, face à Grenoble où on est réduit à 10 dès la 13ème minute de jeu. Il y avait un peu tout pour nous, on a continué à surfer sur la spirale de l’an dernier avec un groupe solide, solidaire. C’est ce qui a fait la différence sur des périodes où on était un petit peu moins bien. »

Pas de pression pour le match décisif à Bastia

Comme tu le disais tout à l’heure, tu as peu joué. Par contre tu étais titulaire pour les deux derniers matchs de la saison… Comment as-tu géré la pression pour l’occasion ?
« Par rapport au match de Reims, mon dernier match remontait à Annecy deux mois auparavant donc je n’avais pas forcément les repères et puis j’avais été malade quelques jours avant. Je me sentais du coup un peu en dedans et mon niveau de confiance était un petit peu touché avant le match. Donc un peu plus de pression à cause de ça. Au final je suis quand même satisfait de la finalité même si on fait 1-1 et qu’on aurait mérité de pouvoir monter devant notre public.

Avant le dernier match j’ai demandé au coach des gardiens s’il pouvaient rester un peu plus longtemps, me faire des séances en plus pour pouvoir retrouver cette confiance que j’avais un peu moins eu sur le match de Reims. Sur le match de Bastia, je n’ai pas eu forcément de pression. On savait ce qu’on avait à faire, avec une victoire on montait en Ligue 1. On y allait aussi avec beaucoup d’humilité sachant que Bastia jouait son maintien. Chacun dans l’équipe à son poste savait ce qu’il devait faire pour pouvoir ramener le club dans l’élite. »

Tu l’as dit : contre Reims vous avez eu notamment l’occasion de tuer le match en fin de partie. Vous n’avez pas eu la crainte d’avoir laissé passer votre chance à ce moment-là ?
« Non, il y a eu de la déception à la fin de à la fin de la rencontre parce qu’on a quelques occasions franches et que je pense que l’ensemble des Sarthois et des supporters auraient voulu envahir le terrain pour fêter ça à domicile. Personnellement, j’aurais préféré également monter une semaine avant. Mais on est vite passé à autre chose. A ce moment-là de la saison il vaut mieux être chassé que chasseur ; on maîtrisait notre destin. »

« Thierry Gomez : un super président et un super mec »

La fin de rencontre a été particulière puisque le match n’est pas allé à son terme. Est-ce que vous avez malgré tout pu savourer la montée le soir même ?
«  Avec l’arrêt à une minute ou deux du terme de la rencontre alors qu’on avait réussi à mettre le but du break  on savait qu’il ne pouvait pas nous arriver grand-chose, sachant qu’ils étaient déjà en sursis. Je voyais mal les instances de la LFP nous dire « écoutez, vous venez rejouer le match. » On était assez confiant là-dessus. »

Sur un plan uniquement personnel, tu étais aussi du déplacement à Grenoble, devant tes proches. Même si tu n’as pas joué c’était un moment particulier ?
« J’avais déjà fait un tournoi avec le FC Echirolles au Stade des Alpes quand j’étais en U13. Mais dans le monde professionnel, c’était la première fois que j’y revenais. J’aurais été encore plus ému si j’avais fait partie des 11 titulaires. Mais j’ai mis tout ce que je pouvais pour pouvoir aider Nicolas. »

On t’a notamment vu lui parler avec le pénalty grenoblois…
«  Oui je savais que Jessy Benet est un joueur qui fixe beaucoup et qui en fait attend le moindre geste du gardien de but. Au final on s’est un peu mal compris avec Nicolas parce qu’on n’avait pas forcément eu trop le temps d’en discuter. Benet a bien tiré et a marqué. Heureusement qu’on revient vite au score. Même si ce n’était pas forcément notre meilleur match, on a pris un point important.

Thierry Gomez a annoncé son départ il y a quelques jours, que peux-tu nous dire sur le président ?
« C’est le président qui m’a fait signer mon premier contrat pro. Comme je l’ai eu au téléphone dès que j’ai appris la nouvelle, je l’ai remercié de m’avoir fait confiance il y a de cela 6-7 ans maintenant. C’est quelqu’un qui a super bien géré l’économie du club, qui a fait un super boulot en ramenant Le Mans en Ligue 1. Il a atteint son objectif. Je ne sais pas quoi dire d’autre que c’était un super président et un super mec. »

Gratifiant d’avoir Courtois, Djokovic et Massa dans les actionnaires

Est-ce que l’arrivée de nouveaux investisseurs il y a quelques mois a changé déjà des choses dans votre quotidien ?
« Il y a des choses qui évoluent. Un centre de formation qui est créé à quelques mètres du centre d’entraînement, il y a des nouvelles infrastructures, de nouveaux synthétiques qui arrivent. Il y a des demandes de la part du coach, de notre part aussi à nous. Grâce à cette nouvelle société qui arrive au club, il y a davantage de moyens. On Aymeric Magne qui fait la jonction entre OutField, la société brésilienne, et le club et qui est là pour aider à structurer ce dernier.. Doncn en fait, on s’adresse directement à lui et il prend en charge directement notre demande, vois si c’est réalisable. Tout est étudié pour que le club puisse évoluer de la meilleure des manières possibles et essayer de se pérenniser en Ligue 1. »

Tu es gardien, qu’est-ce que cela fait d’avoir Thibaut Courtois dans les actionnaires ?
« En tant que gardien c’est forcément particulier, c’est pour moi l’un des meilleurs gardiens du monde. Pour l’instant on ne l’a pas encore rencontré, on l’a juste vu en face time lors de notre montée. C’est gratifiant de se dire qu’il y a des grands noms comme lui, comme Felipe Massa, Novak Djokovic qui ont décidé d’investir dans le club. Ce sont des grands sportifs qui ont connu un peu cette pression-là du résultat pour pouvoir être le meilleur possible et de se dire qu’ils te regardent et qu’ils « investissent », cela fait forcément quelque chose. »

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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