Olivier Guégan a notamment connu deux montées avec Grenoble (crédit photo : Métro-Sports)

Exclu AC – Reims, Grenoble, Sochaux… les souvenirs d’Olivier Guégan, prêt à se plonger dans un nouveau challenge

Ancien entraîneur de Reims, Grenoble, Valenciennes ou Sochaux, Olivier Guégan vient de fêter ses 54 ans. L’occasion pour Antichambre Football de prendre des nouvelles du coach à la recherche d’un nouveau défi depuis son départ du FCSM en 2023. On en profite également pour ouvrir la boîte à souvenirs, issue de ses différentes expériences du CFA à la Ligue 1. Entretien.

-Olivier, quelle est votre actualité depuis votre départ de Sochaux en Ligue 2 en 2023, pourrait-on vous revoir prochainement sur un banc en France ou à l’étranger ?

C’est une réelle volonté de ma part. Des choses se sont présentées et ne se sont pas concrétisées. Des choses se sont présentées auxquelles je n’ai pas donné suite. Il y a aussi eu des projets qui m’intéressaient mais où d’autres choix ont été réalisés. Je suis frais maintenant. Cela fait un petit moment que je suis sorti de Sochaux. Je suis toujours très attentif à ce qu’il se passe en France et à l’étranger. Le marché, on le sait, est très serré. Notamment en France. Je suis prêt à repartir dans une nouvelle aventure. Il faut être ambitieux. Si une opportunité se présente, je foncerais en étant très engagé comme toujours !

-Que recherchez-vous aujourd’hui ? Reprendre un club en cours de route ou partir à la base d’un nouveau projet comme avec Grenoble à l’époque en CFA ?

Effectivement, j’ai entraîné dans les quatre divisions majeures en France. Je suis monté dans toutes les divisions avec des clubs différents : de CFA en Ligue 2 avec Grenoble et de Ligue 2 en Ligue 1 avec Reims. Mon parcours est enrichissant dans des clubs importants. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir et si un nouveau projet se représente, ce sera surtout une histoire d’hommes avant d’être une histoire de division ou de statut. J’ai rencontré des hommes intéressants pour des projets L2 mais cela ne s’est pas fait pour différentes raisons. Je suis prêt à repartir aussi en cours de saison. Il faut être attentif, dynamique, engagé. Il faut avoir confiance en soi et beaucoup de forces pour impulser des choses. Je suis prêt, peu importe la division. J’ai toujours fait des choix de carrière dans des clubs qui me parlent, où il y a de l’engouement. J’ai aussi sorti beaucoup de joueurs à fort potentiel. Par exemple à Sochaux où en un an j’ai lancé des Eliezer Mayenda, des Skelly Alvero. Au VAFC, j’ai eu Lucas Chevalier, Ismaël Doukouré, Kevin Cabral… Ils continuent à bien évoluer et c’est une fierté.

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-Quand un coach reste sans banc plusieurs saisons, comment travaillez-vous en attendant un nouveau projet ?

Je suis les matchs évidemment. J’ai des connaissances dans les instances ou à la présidence de certains clubs pour accéder au stade. J’ai surtout voyagé à l’étranger. J’ai été dans les pays de l’Est en Géorgie ou en Estonie. Je voyage grâce à mon réseau. Par exemple en Géorgie, j’ai gardé contact avec Jaba Kankava qui évolue au Dinamo Tbillisi. Ce sont des pays émergents. La Géorgie est un pays de football, c’est intéressant de voir comment ça travaille. J’ai rencontré le sélectionneur Willy Sagnol, on a visité les installations etc. Ce sont des choses qu’on n’a pas le temps de faire quand on est en poste. J’ai pu assister à des matchs et créer du lien. C’est intéressant car quand tu as la tête dans le guidon, tu es dans le train-train quotidien et tu as presque des œillères. D’aller voir comment ça travaille dans d’autres pays avec des moyens différents, c’est intéressant. La Géorgie sort de plus en plus de joueurs et la sélection a de bons résultats. On ne perd pas son temps à voyager. Même si le quotidien des matchs et de la compétition, c’est un manque. Surtout la compétition, c’est le moteur ! Avoir connu ce sas de décompression, ça nous montre que c’est bien d’y retourner, c’est un besoin.

-Est-ce qu’il a fallu du temps pour digérer la fin de votre passage à Sochaux où vous avez connu la montée presque jusqu’au bout, avant de s’écrouler dans un contexte financier très particulier (le club a failli disparaître avant d’être sauvé en N1, ndlr) ?

Sochaux était un projet hyper intéressant parce que c’est un grand club français. Mais les gens en place ont fait « all-in » en faisant n’importe quoi, en empilant des joueurs alors que ça aurait été judicieux de fonctionner autrement. On était dans le coup presque jusqu’à la fin mais c’était une saison particulière avec la Coupe du Monde au Qatar pendant l’hiver, et seulement deux accessions sans barrage. Donc une fois que les deux premières places s’envolent, il n’y a pas les play-offs et il y a une forme de relâchement. Un directeur sportif est arrivé de nulle part à la trêve hivernale. Moi, j’avais ciblé deux joueurs dont Kankava ou Masson, et un attaquant. Au final, le DS a ramené deux joueurs avec Le Tallec et Dossou. Au-delà de ça, c’est un club avec une histoire et un public fantastiques. On faisait 15 000 personnes à chaque match, l’engouement était extraordinaire. J’ai beaucoup de fierté d’avoir coaché ce club. On était à la bagarre pour monter et ça a été plus compliqué à la fin. Malgré tout, on a sorti des joueurs qui ont fait du bien aux finances avec Alvero, Mayenda… Le travail du staff a été plutôt bien fait.

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-L’autre expérience marquante de votre parcours, c’est la double montée en deux ans du CFA en Ligue 2 avec Grenoble que vous avez remis dans le monde pro…

Je sortais de Reims en L1 et j’ai sauté à pieds joints dans cette aventure. On fait deux montées avec un groupe extraordinaire de joueurs. Certains jouent encore comme Sotoca à Lens ou Maubleu à Pau. C’était une histoire de fou, une vrai aventure humaine. La fierté, c’est que quand je suis parti, les joueurs et le staff avaient fait une pétition pour que je reste. Mais on a remis un club en Ligue 2, il y est toujours. On voudrait toujours que ça aille plus vite au niveau des infrastructures et des résultats mais c’est un club qui a eu l’opportunité d’évoluer dans le monde pro et qui s’y accroche et je suis très fier de cela.

-En parlant de Florian Sotoca, vous doutiez-vous à l’époque en CFA qu’il jouerait ensuite la Ligue des Champions en devenant capitaine du RC Lens ?

C’est un garçon qui était au chômage après sa formation à Montpellier où il évoluait latéral droit avec Rolland Courbis. On l’a pris, je l’ai mis dans un poste offensif. C’est quelqu’un qui a été chercher tout ce qui lui arrive, on ne lui a rien donné. Il a une mentalité fantastique, un joueur d’équipe, un leadership extraordinaire. C’est un garçon fiable, au-delà de ses qualités de footballeur. Il a été l’un de mes joueurs qui a fédéré l’histoire au GF38. Si on fait le métier d’entraîneur, c’est pour croiser des hommes comme ça, tout simplement. Même si on ne s’appelle pas tous les jours, je sais qu’on se tombera dans les bras le jour où on se croisera. Monter de CFA en Ligue 2 en deux ans, pas beaucoup de clubs le font. Surtout avec les conditions qu’on avait à Grenoble. C’est quelque chose de gravé à jamais.

-Au niveau des souvenirs de coach, quels sont les joueurs où vous vous êtes tout de suite dit : « Celui-là, il n’a rien à faire dans cette division » ?

A la fin de ma carrière de joueur à Reims, j’ai fini avec Grzegorz Krychowiak. On est monté en L1 et j’ai ensuite basculé dans le staff. C’était un joueur à fort potentiel, avec une forte personnalité, qui savait ce qu’il voulait. Dans un autre style en L1, Aïssa Mandi est un garçon qu’on a lancé et qui sortait du centre de formation de Reims. Il a plus de 100 sélections avec l’Algérie, qui a évolué dans différents championnats. Il a optimisé sa carrière, il savait ce qu’il voulait. Comme Flo Sotoca, il n’attendait rien de personne et il a fait son bonhomme de chemin. Au niveau du talent pur, même s’ils n’ont pas eu des carrières aussi fortes, je pense à Kevin Cabral de Valenciennes qui était parti en MLS et qui joue aujourd’hui au Red Star. Tous avec leur caractère m’ont fait grandir en tant que coach et j’espère leur avoir apporté un peu de choses.

-Une causerie mémorable où derrière l’équipe a réalisé le match parfait quand les planètes se sont alignées ?

Ce qui est bizarre c’est qu’avec Reims, on joue le maintien à Evian en L1 (le 9 mai 2025, victoire 3-2 ndlr). On gagne, on se maintient. J’avais fait un briefing avant le match avec les familles. Deux ans plus tard, Pascal Dupraz a refait un briefing pour le maintien avec les familles à Toulouse qui a été mémorable. Peut-être qu’il s’en est servi, je ne sais pas. En tout cas, cette idée à l’époque en 2015 avait fonctionné à l’instant T. On avait préparé cela toute la semaine avec Benjamin Parrot qui était responsable communication à l’époque (actuel directeur général du RC Lens, ndlr). Il avait été extraordinaire dans la préparation, il s’était déplacé chez les familles des joueurs pour filmer etc. Il était novateur dans la communication et on avait réussi à impulser les choses.

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Je me souviens aussi de la victoire 5-4 à Toulouse en Ligue 2 avec Valenciennes (7 novembre 2020) où Joffrey Cuffaut inscrit un quadruplé. Toute la semaine, on avait travaillé sur le système de Patrice Garande. On avait bossé un 4-4-2 en losange avec des latéraux dans le confort pour impulser des choses. Et Cuffaut latéral droit avait inscrit 4 buts et c’était pas illogique. Jérémie Janot avait aussi été très bon dans l’analyse du gardien de Toulouse. Gagner 5-4 chez eux alors qu’ils jouaient la montée, ce sont des choses qui marquent. Je me souviens aussi du barrage d’accession L2 gagné avec le GF38 contre Bourg, où il y avait beaucoup d’émotions.

-Et à l’inverse si vous aviez la possibilité de changer le résultat d’un match qui vous laisse encore aujourd’hui des regrets ?

Le dernier qui me vient en tête, c’est avec Sochaux à Bastia (29e journée de L2). On mène 1-0, puis 2-1. On a des balles de 3-1 et de 4-1 qu’on ne met pas et au final on perd 3-2 dans une fournaise. Si on gagne, je pense qu’on peut monter. C’est un des matchs qui nous permettait de rester dans la bagarre dans une saison avec seulement deux montées. Si on gagne à Bastia, on revient très fort. C’est une de mes frustrations mais c’est l’histoire qui veut cela.

Propos recueillis par Dorian Waymel

A propos Dorian Waymel

Enfant du Nord, mais tombé amoureux d'un club mythique à la diagonale au début des années 2000. Des terrains de district le dimanche après-midi aux stades de Ligue 1, cette passion dévorante m'a amené à diriger MaLigue2 pendant 10 ans, avant de rejoindre le projet Antichambre.

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