Au terme des sept premières journées de Ligue 2, le Stade de Reims aborde la première trêve internationale à la troisième place du classement, dans le sillage de l’AS Saint-Étienne et du Red Star. Seule équipe encore invaincue du championnat, la formation champenoise affiche des garanties comptables et un caractère affirmé, tout en traînant quelques lacunes récurrentes qu’il faudra rapidement corriger.
Le bilan est plus que satisfaisant. En lançant une série d’invincibilité lors de ce premier bloc du championnat, le Stade de Reims s’est positionné d’entrée parmi les prétendants légitimes à la montée. Pourtant, le sentiment dans les rangs champenois tend aussi vers une forme de frustration, en raison de plusieurs points laissés en route en fin de match contre Dunkerque (3-3) ou Guingamp (2-2).
« On est là où on doit être » : un bilan solide entaché de petits regrets
Dans des propos recueillis par L’Union, l’entraîneur Nicolas Usaï dresse ainsi un constat lucide sur ce premier bloc de compétition. « On aurait bien aimé avoir deux points de plus parce qu’on a encaissé beaucoup de buts dans les ultimes minutes. Mais on est là où on doit être à l’instant T. »
Un enthousiasme partagé par le milieu de terrain Théo Leoni. Ce dernier souligne pour le quotidien régional la dynamique positive insufflée par cette invincibilité. « Être invaincu après sept rencontres, c’est important. Le coach a dit qu’il aurait aimé qu’il n’y ait pas de trêve. Au vu de nos prestations, on aurait voulu continuer. »
Les chantiers de Nicolas Usaï et du Stade de Reims
Si le contenu proposé séduit par séquences, Reims a développé de mauvaises habitudes au fil des semaines. À cinq reprises cette saison, les Rouge et Blanc ont concédé l’ouverture du score. Ils se sont ainsi retrouvés menés dès les dix premières minutes à trois reprises. Une fâcheuse tendance à la réaction plutôt qu’à l’initiative que le technicien cherche à gommer. « Dans ces cas-là, on regarde le verre à moitié plein. Et on se dit qu’on est capable d’avoir du caractère et d’être résilient. Mais ce serait bien qu’on puisse commencer les matches comme on démarre les secondes périodes. En tout cas, on a la capacité mentale et le caractère pour se remettre à flot. »
Outre ce manque de régularité sur la durée d’une rencontre – symbolisé par une prestation à deux visages lors du succès à Nancy (1-2), Reims souffre également d’un déficit de discipline. Les exclusions prématurées d’Armel Zohouri face à Dunkerque et Montpellier ont contraint l’équipe à évoluer en infériorité numérique pendant plus de vingt minutes lors de ces deux affiches. Une fragilité qui explique en partie pourquoi la défense n’a rendu qu’une seule copie propre depuis le début de l’exercice.
La jeunesse prend le pouvoir en attaque
Des erreurs de « jeunesse » pour un des effectifs les moins expérimentés de Ligue 2. Mais la jeune garde champenoise ne présente pas que des défauts. Très loin de là. Face aux blessures de cadres défensifs comme Joseph Okumu et Mory Gbane, ainsi qu’à la quête d’efficacité d’attaquants comme Sambou Soumano (1 but) et Mohamed Daramy (encore muet), la lumière est venue d’un trio offensif particulièrement jeune et percutant.
Deuxième meilleure attaque du championnat avec 15 réalisations, Reims s’appuie sur la réussite de Yaya Fofana (22 ans), co-meilleur buteur de Ligue 2 avec 5 buts, épaulé par Martial Tia (19 ans, élu pépite du mois d’août) et le jeune milieu Chamsedin Kouranfal (20 ans, auteur de 2 buts). Avec Daouda Guindo, ces jeunes éléments apportent une fraîcheur indispensable pour compenser l’intégration plus timide d’autres recrues.
Puisqu’aucun adversaire ne s’est montré supérieur aux Champenois jusqu’ici – en témoignent les succès probants face à des rivaux directs comme Annecy (3-1) et le Red Star (1-4), Reims aborde la suite de son calendrier avec des certitudes. La reprise est fixée au 10 octobre avec un déplacement de prestige à Nantes, premier rendez-vous d’une série de cinq matches qui permettra de mesurer les capacités de progression de ce groupe. La clé pour aller chercher un retour en Ligue 1.