Après un remarquable exercice 2025 – 2026, qui a pris fin avec une élimination en barrage face à l’AS Saint-Etienne, le Rodez Aveyron Football se replongera dans la préparation de la nouvelle saison de Ligue 2 dès le 25 juin prochain. Après avoir caressé le rêve d’une accession en Ligue 1, le RAF va-t-il (veut-il) changer de statut ?
Si la cerise manquait, le gâteau n’en n’a pas moins été bon la saison dernière du côté de Rodez. Après une saison régulière terminée à la cinquième place du classement de Ligue 2 et une série d’invincibilité qui s’est prolongée pendant plusieurs mois, faisant de l’équipe de Didier Santini une exception au niveau européen, le RAF a sorti le Red Star en barrage avant de tomber avec les honneurs après une incroyable séance de tirs au but face à l’ASSE de Brice Maubleu.
« On a fait une saison historique« , a convenu le président ruthénois Pierre-Olivier Murat dans les colonnes de la Dépêche. « Mine de rien, on est toujours invaincu. On reste sur 22 matchs sur défaite on a pris 58 points alors que notre record à ce niveau était à 60 avec 4 journées de plus. Donc on garde de tout cela une très grande fierté du travail accompli dans le club, à tous les étages. C’était une saison extraordinaire pour nos supporters et tous les gens qui suivent le Raf.«
Des résultats qui se sont accompagnés de la manière. Le Rodez Aveyron Football de Didier Santini a, une fois encore, été produit un des football les plus enthousiasmant de Ligue 2, avec beaucoup de courses et une recherche quasi constante du déséquilibre. Une recette gagnant dans l’Aveyron, en atteste les deux qualifications en phase finale ces dernières années malgré un des plus petits budgets du championnat.
Mais est-ce que la limite de Rodez n’est pas atteinte ? En d’autres termes, le RAF peut-il viser plus haut avec son modèle actuel ? « Il ne faut pas se la péter mais on va commencer notre huitième saison en Ligue 2, sur les trois dernières on est allé deux fois en play-off, et cette année, je pense qu’on est passé vraiment très près de quelque chose de très grand. Il faut avoir l’objectif de se positionner dans les sept premiers sur le moyen terme de manière régulière.« , espère Murat. « Cette année, on passe à une séance de tirs au but et un dernier barrage de la Ligue 1. On est encore monté d’un petit cran par rapport à il y a deux ans, et il faudrait encore un autre petit cran pour y parvenir. Mais cela prouve que c’est possible, qu’avec notre fonctionnement, notre stratégie, on peut y aller. Faire deux fois les barrages en trois ans, ce n’est pas un hasard. Les 22 matchs sans défaites, ce n’est pas un hasard. Avoir un stade archi plein, ce n’est pas un hasard »
Un mercato agité mais rémunérateur pour le Rodez Aveyron Football ?
Une projection dans « les 7 premiers » sur la durée qui est ambitieuse au vu de l’homogénéité de la Ligue 2. Entre le retour des historiques (DFCO, Sochaux), la descente de quelques gros morceaux (Nantes et l’habitué de l’ascenseur Metz) et la présence de l’AS Saint-Etienne, du Stade de Reims qui ne veulent pas trop s’éterniser dans l’antichambre de l’élite, les places et les points vont valoir cher la saison prochaine également.
Après sa belle saison, Rodez risque par ailleurs d’être attaqué sur son effectif, même s’il en a l’habitude. « Aujourd’hui, on a tout le monde sous contrat, mis à part Wilitty (Younoussa, ainsi qu’Enzo Crombez, le troisième gardien). C’est un gros avantage, de deux manières : soit nos joueurs ne sont pas courtisés ou ont une offre qui ne nous convient pas, alors ils restent avec nous; soit ils partent, et leur valeur marchande intéressante fait qu’on peut se renforcer tout de suite. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne va brader personne. On n’est pas dans la situation de la saison dernière, quand on avait moins de joueurs sous contrat. Alors, je ne dis pas qu’on ne va pas avoir de départ, mais on a un avantage certain : si quelqu’un part, on sait qu’on aura les moyens pour le remplacer, à même niveau voire un peu mieux, selon le transfert qu’on fait.«
Cela pourrait donc encore bouger dans l’Aveyron cet été – des premières rumeurs circulent d’ailleurs déjà sur Arconte – mais le socle devrait rester solide, notamment autour de Didier Santini et de son staff. La saison d’après de Rodez soulève forcément des questions. La digestion d’un « exploit » est souvent difficile. Reste à démontrer que d’exploit il n’était pas question et que désormais il faudra systématiquement compter avec le RAF pour jouer les premiers rôles en Ligue 1. Les Ruthénois vont être attendus dès le coup d’envoi de la saison. Répondront-ils à cette attente ?