Matthéo Xantippe (GF38)  : « Il fallait arrêter de jouer les gentils garçons »

Après le match nul décroché face à Metz au Stade des Alpes, le défenseur et cadre du GF38 Matthéo Xantippe s’est présenté en conférence de presse. Entre solidarité retrouvée, gestion de la chaleur et montée en puissance collective, retour sur ses déclarations.

On a senti l’équipe très éprouvée physiquement au coup de sifflet final. Quel est ton sentiment après cette rencontre disputée dans des conditions difficiles ?
C’était dur physiquement avec la chaleur, mais on a fait un gros match dans l’intensité et le combat. On a retrouvé les valeurs du club : ne rien lâcher et s’arracher jusqu’au bout. Même si l’on garde un brin de regret au vu de nos occasions pour marquer ce but libérateur, on a tout donné pour accrocher au minimum ce point. C’est un résultat très encourageant pour la suite.

On vous a vus mordre dans le ballon d’entrée avec un pressing très haut. Était-ce une volonté affirmée d’afficher un autre visage qu’à Dunkerque ?
Exactement. On voulait se rattraper de notre mauvaise entame de saison la semaine dernière. On savait qu’on ne pouvait pas faire pire. L’idée était d’aller chasser d’entrée pendant 20 à 25 minutes, d’harceler le porteur et d’être une équipe proactive. À Dunkerque, le coach nous l’a dit : on a été de trop « bons garçons ». Là, on a su se faire mal, mettre de l’agressivité et commettre les fautes au bon moment. C’est comme ça qu’on prend des points dans ce championnat.

Quand Metz a repris le contrôle du ballon en seconde partie de première mi-temps, l’équipe est restée très sereine. Comment avez-vous géré ce temps faible ?
On savait qu’on ne pouvait pas dominer pendant 90 minutes. L’objectif était de rester compacts, de bien coulisser ensemble et de jouer les transitions à fond. On a eu deux ou trois ballons de récupération haute où l’on manque un peu de justesse par précipitation ou fatigue, mais la structure était là.

Sur les coups de pied arrêtés, Metz affichait un gabarit supérieur. Comment s’est organisée la défense ?
Ils ont une dimension athlétique supérieure à la nôtre et on savait qu’ils étaient dangereux. Le coach nous avait prévenus dès le début de semaine : on allait tous avoir un joueur plus grand que nous à marquer. On est restés disciplinés et solidaires. On voit qu’il y a des progrès par rapport à la préparation. Cette entraide sur le terrain, comme lorsqu’un tacle réussi est célébré par un partenaire, ça redonne une énergie folle. Ça vaut presque un but.

L’effectif a beaucoup bougé cet été. Sens-tu que l’équipe trouve ses repères ?
On apprend à se connaître jour après jour, sur et en dehors du terrain, et cela donne du sens à ce qu’on fait. Sur mon côté, je commence à créer de vraies connexions avec Maël (Corboz). Mon rôle évolue aussi : avec Nesta Zahui qui apporte énormément offensivement de l’autre côté, je dois veiller à garder l’équilibre défensif et assurer les ressorties de balle propres sur mon pied gauche, même si je sais que je dois encore apporter plus offensivement.

Tu as porté le brassard de capitaine durant la préparation. As-tu le sentiment de prendre une nouvelle dimension dans ce groupe ?
Oui, j’estime que je dois prendre plus de responsabilités. Je ne suis plus le « petit jeune » arrivé il y a trois ou quatre ans, je fais désormais partie des plus anciens de l’effectif. J’essaie de montrer la voie par mon comportement, mon agressivité et mon intensité sur le terrain, plus que par de grands discours.

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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