L'entraîneur de l'AS Nancy Lorraine Oswald Tanchot en conférence de presse

Oswald Tanchot (AS Nancy Lorraine) : « Il faut de l’harmonie et plus d’étincelles offensives »

Après son premier déplacement à Boulogne, l’AS Nancy Lorraine d’Oswald Tanchot s’apprête à retrouver Marcel-Picot face à Montpellier. Analyse du premier match, intégration des recrues, ajustements tactiques et impatience de retrouver le public : le technicien a fait le point en conférence de presse.

Coach, quasiment une semaine après cette première journée à Boulogne, sur quoi avez-vous axé le travail cette semaine ?
La première priorité a été la récupération. Nous sommes rentrés très tôt au petit matin de Boulogne, ce qui nous a fait une semaine courte. Nous avons été très vigilants dès lundi, puis nous avons allégé les charges mardi en raison de la forte chaleur.

Ensuite, nous avons fait une analyse critique de notre match. Sans être un grand connaisseur de football, tout le monde a vu qu’offensivement nous n’avons pas suffisamment pesé et qu’il nous a manqué de la connexion dans les trente derniers mètres. C’est un point précis sur lequel nous avons insisté, tout comme l’intensité de notre pressing et nos transitions.

Ces ajustements et connexions offensives, c’est quelque chose qui va se mettre en place progressivement ?
Je me dois d’être patient. Nous avons récupéré des joueurs au fil de l’eau durant la préparation, certains ayant été à l’arrêt avant de réintégrer le groupe. Nous avons aussi intégré des éléments un peu hâtivement par nécessité.

Il faut aussi se rappeler que nous repartons d’un effectif et d’un mode de jeu différents de la saison dernière, où l’équipe a souffert pour se maintenir. Nous devons améliorer la sensibilité offensive, intégrer nos recrues et faire monter le niveau athlétique de certains. Tout cela demande du temps, même si nous devons déjà être capables de faire mieux aujourd’hui.

« Les joueurs en forme ne servent pas à grand-chose si autour d’eux ça ne répond pas »

On a tout de même vu de bonnes intentions dans la conduite du jeu et la possession…
Sur cet aspect-là, nous sommes satisfaits, mais tenir le ballon n’est pas un aboutissement : c’est un moyen de se créer des occasions, pas une finalité. Si parfois il faut moins avoir le ballon pour gagner, nous signerons tout de suite ! Nous prônons un jeu protagoniste où l’on cherche à contrôler le match dans le camp adverse, mais nous saurons aussi nous adapter.

L’équipe semble monter en puissance physiquement au fil des minutes. C’est rassurant ?
Oui, c’est un point très positif. Nos données athlétiques sur le premier match sont très bonnes, que ce soit par rapport à l’adversaire ou aux standards de la Ligue 2. Sur ce plan, nous étions prêts. Ce qui nous a manqué dans le dernier tiers, c’est le changement de rythme. Pour amener du danger, il faut savoir varier les allures et proposer un jeu un peu plus électrique.

Un mot sur les coups de pied arrêtés, qui ont semblé moins tranchants en seconde période ?
Nous les avions très bien tirés pendant toute la préparation. À Boulogne, nous avons manqué de précision après la sortie de Jérémy en seconde mi-temps. En revanche, nous avons été très efficaces défensivement sur ces phases.

En début de saison, les combinaisons et les codes ne sont pas encore totalement assimilés. Avec la fatigue, un seul joueur qui oublie un déplacement peut mettre toute une combinaison en difficulté. Et puis, la base reste la précision du centre : si le ballon n’arrive pas dans la bonne zone, on ne marquera pas. Nous avons une vraie marge de progression dans ce domaine.

Deux nouvelles recrues sont arrivées : Nordine Kandil et Noam Obougou. Pouvez-vous nous présenter leurs profils ?
Nordine Kandil possède déjà une vraie expérience de la Ligue 2 avec près de 100 matchs entre Annecy et Amiens. C’est un joueur créatif, technique et gaucher. C’était important pour nous car nous n’avions pas de gaucher dans le secteur offensif, ce qui va nous offrir d’autres angles de passes et de jeu combiné.

Noam Obougou, c’est un profil complètement différent : de la puissance, de la vitesse, de la taille et du gabarit. Il apporte une verticalité qui nous manquait et de la fougue. C’est un jeune joueur polyvalent qui peut évoluer à tous les postes devant, aussi bien dans l’axe qu’à droite ou à gauche. Ces deux arrivées viennent étayer et renforcer notre potentiel offensif.

Sont-ils déjà prêts à jouer ?
Noam est beaucoup plus opérationnel car il a fait tout le début de préparation avec Le Havre et avait déjà trois mi-temps dans les jambes.

Pour Nordine, c’est l’inverse : il n’a pas eu d’entraînement collectif avec Amiens car il était écarté en attente de son transfert. Il s’entraînait à part avec un préparateur physique, donc c’est comme s’il débutait sa préparation aujourd’hui. Comme c’est un joueur léger et technique, cela peut aller plus vite, mais dans l’immédiat, il n’est pas prêt.

Un point sur l’infirmerie avant ce week-end ?
Adrien Dabasse va faire son retour avec le groupe la semaine prochaine, ce qui est une très bonne nouvelle. Pour le reste, pas de casse particulière à déplorer.

Vous allez disputer votre premier match à domicile à Marcel-Picot. Ressentez-vous une excitation particulière ?
C’est notre vraie rentrée des classes devant notre public ! Nous sommes vraiment contents et nous avons hâte. Le piment n’est pas le même lorsqu’on joue devant nos supporters, nos familles et nos amis. L’objectif est d’insuffler une belle dynamique dès la première journée à la maison. Il y a toujours ce petit trac de la première, mais ce sont des sensations qu’on adore.

L’équipe s’est d’ailleurs entraînée sur la pelouse de Picot cette semaine. Était-ce un choix stratégique ou une contrainte ?
C’est un peu des deux. D’abord, il faut se sentir chez soi et prendre ses repères sur son terrain avant le premier match. Ensuite, il y a une réalité terrain : notre terrain d’entraînement en forêt commence à souffrir des conditions météorologiques. Nous avions besoin d’une belle pelouse hybride et arrosée. Pour une équipe qui prône un style offensif, avoir une excellente surface où le ballon fuse est un paramètre essentiel pour s’habituer à la vitesse de jeu.

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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