Après « Un sentiment de colère et de frustration », Olivier Frapolli veut montrer la meilleure version de son GF38 face à Metz

Battu sur la pelouse de Dunkerque en ouverture de la saison, le GF38 prépare la réception du FC Metz pour son premier rendez-vous de l’année à domicile. De passage en conférence de presse, l’entraîneur grenoblois Olivier Frapolli fait le point sur l’infirmerie, revient en détail sur les enseignements de la première journée et livre ses attentes avant ce choc, tout en évoquant la fin du mercato et les nouvelles règles du championnat.

Quel est le point sur l’effectif avant ce match contre Metz ?
Après Dunkerque, aucun problème physique à déplorer. Leonardo Cerri monte en puissance : il a effectué une semaine d’entraînement normale. On se laisse la séance de demain pour évaluer s’il peut prétendre à une place dans le groupe, puis j’aurai une discussion avec lui. Nous enregistrons également le retour de Baptiste Mouazan, qui a fini de purger sa suspension, ce qui est une très bonne nouvelle. Ce matin, Arthur Lallias ressentait une petite pointe au niveau du dos et ne s’est pas entraîné, nous verrons l’évolution.

Concernant les blessés de plus longue durée, où en sont Zé Leite, Djitté et Ngatta ?
Ze Leite est toujours à l’infirmerie. Djitté a recommencé la course ; la gravité de sa blessure était moindre que celle de Zé Leite, donc son retour devrait être plus rapide. Pour Ngatta, cela suit son processus de cicatrisation, qui est très long.

« Perdre face à plus fort n’est pas un problème quand on a tout donné. Mais à Dunkerque, nous avons manqué de caractère. Ce sentiment doit nous servir d’énergie contre Metz. »

Avec du recul, quel retour avez-vous fait aux joueurs concernant la défaite à Dunkerque ?
J’ai évidemment revu le match et le constat est partagé avec le groupe : nous quittons le Nord avec un goût amer. On a le sentiment de ne pas avoir joué ce match comme on le voulait. Après six semaines de travail intense, la motivation était là, mais nous avons été inférieurs dans l’intensité et surpris par des conditions de jeu très rapides. Il faut reconnaître la supériorité de Dunkerque, qui a affiché beaucoup de certitudes.

À la mi-temps, l’égalisation nous laissait pourtant espérer une bascule psychologique, mais nous avons failli dès le début de la seconde période. L’adversaire a repris l’ascendant et nous avons manqué de caractère pour sortir de cette emprise. Il y avait de la déception, de la frustration, mais aussi de la colère. Perdre face à plus fort n’est pas un problème quand on a tout donné, mais là, ce n’était pas le cas. Ce sentiment doit désormais nous servir d’énergie supplémentaire pour aborder la réception de Metz.

Pensez-vous que l’équipe a eu du mal à basculer mentalement en mode compétition ?
Non, pas du tout. J’avais senti un vrai déclic dans la concentration durant la semaine précédant le match. Nous ne nous attendions simplement pas à être autant bousculés. Pendant la préparation, nous avions parfois affiché des manques offensifs, mais nous avions toujours conservé une maîtrise et une solidité globale. Là, nous avons été pris par la vitesse et l’intensité adverses. Même si nous avons la première grosse occasion par Lucas, qui aurait pu changer le scénario à 1-0, la victoire de Dunkerque reste amplement méritée.

L’un des rares motifs de satisfaction réside-t-il dans la réaction en fin de match, où l’équipe ne s’est pas effondrée à 4-1 ?
C’est important de le souligner. À 4-1 et à trente minutes de la fin, les entrants ont apporté de la dynamique. On revient à 4-2, Kyllian  Fofana et Maël Corboz ont des opportunités pour inscrire le troisième but, et le but de Clément Vidal est refusé pour un hors-jeu de 50 centimètres. L’équipe n’a pas abandonné et c’est de bon augure. Marquer deux buts à l’extérieur doit habituellement vous rapporter un résultat positif. Il faut s’appuyer sur cela.

Encaisser quatre buts alors que la défense s’était montrée plutôt hermétique en préparation, c’est ce qui fait le plus mal ?
Sur les matchs où 70 à 80 % de l’équipe alignée à Dunkerque jouait ensemble cet été, nous n’avions quasiment pas encaissé de buts. En prendre quatre d’un coup, ça fait mal, mais c’est une bonne chose si cela nous pique au vif pour réagir.

Sur le plan défensif, la charnière formée par Clément Vidal et Efe Sarikaya a semblé manquer d’automatismes et de communication…
Une charnière centrale, c’est avant tout une association, et celle-ci manque encore de vécu commun. Face à un collectif rodé et à l’un des meilleurs attaquants du championnat, nous avons rencontré des difficultés.

Attendez-vous davantage de leadership de la part de vos cadres ?
J’attends plus de tout le monde. Un seul joueur ne sauve pas un collectif. Même si certains incarnent le capitanat, j’ai dit aux joueurs que chacun doit être leader dans sa zone. Si chaque joueur gagne son duel, le collectif tourne. Dunkerque nous a été supérieur dans ces duels individuels. Nous avons besoin que certains joueurs diffusent de la confiance et impulsent la rébellion dans les moments difficiles, mais les huit autres ne doivent pas être de simples observateurs.

La réception de Metz pour la première à domicile s’annonce comme un gros test…
C’est un très gros morceau, pas forcément le rival idéal sur le papier pour se relancer, mais c’est notre première devant notre public. Au-delà du résultat, nous voulons montrer la meilleure version de nous-mêmes à l’instant T et prouver à nos supporters qu’ils pourront compter sur nous pour défendre nos couleurs.

Faut-il s’attendre à du remaniement dans le onze de départ ?
Oui, c’est envisageable. Il est possible qu’il y ait quelques changements.

Cette saison, la feuille de match passe à 20 joueurs. Qu’est-ce que cela change dans votre gestion ?
À court terme, c’est une excellente chose pour l’entraîneur car cela offre plus d’options, et pour les joueurs intégrés au groupe. À long terme, cela peut générer de la frustration chez ceux qui ne rentrent pas en jeu. Le banc représente désormais près de la moitié de l’effectif convoqué : les remplaçants doivent diffuser une énergie positive et se sentir investis. Souvent, l’équipe qui termine la rencontre est plus importante que celle qui la débute.

Sur le marché des transferts, le départ annoncé d’Allan Tchaptchet peut-il ouvrir la porte à un recrutement, notamment défensif ?
Les premiers matchs officiels vont nous apporter des réponses pour savoir si l’effectif actuel tient la route ou s’il faut se renforcer. Même si je regrette que le mercato s’étire aussi tard, autant profiter de cette période pour réajuster nos manques si les moyens financiers le permettent.

Un mot sur l’expérimentation du système d’assistance vidéo en Ligue 3 : quel est votre regard sur ces nouveautés ?
Très sincèrement, le système testé en Ligue 3 ne me convainc pas. En regardant le multiplex, j’ai vu beaucoup d’images arrêtées et de coupures très longues qui hachent le jeu. Alors que toutes les nouvelles règles internationales cherchent à accélérer le rythme et à rendre le football plus fluide, ces interruptions répétées gâchent le spectacle. Ce n’est clairement pas une vision du jeu que j’apprécie.

A propos Frédéric SOUGEY

Originaire de Grenoble, j'ai vibré aux premiers exploits des Youri Djorkaeff, Clément Garcia et autre Jean-Philippe Séchet sous le maillot dauphinois. Journaliste depuis une vingtaine d'années, ma passion s'est désormais exportée autour des terrains de Ligue 2, Ligue 3, N1 et N2 au quatre coins de France.

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