Crédit photo : GF38

« Je n’ai qu’une envie, c’est de retrouver la compétition » : les confidences de Baptiste Isola, sans club depuis la résiliation de son contrat avec le GF38

Baptiste Isola ne s’était pas exprimé depuis la résiliation de son contrat avec le GF38 en septembre dernier. À la recherche d’un nouveau projet depuis, le milieu de terrain a rejoint les rangs du stage d’été de l’UNFP. De son parcours en passant par son regard sur Vincent Hognon, sa fin d’aventure à Grenoble, sa situation actuelle mais aussi son souhait pour l’avenir, il s’est longuement confié à notre micro.

Bonjour Baptiste, avant tout peux-tu te présenter ?

J’ai commencé le foot à l’AC Seyssinet, dans la banlieue grenobloise, à mes 5 ans. Ensuite, j’ai rejoint le GF38 à l’âge de 13 ans. J’y ai évolué dans toutes les catégories jusqu’à signer mon premier contrat professionnel à 22 ans. Après, je suis parti en prêt une saison à Mâcon, puis au Poiré-sur-Vie, en National 2 (désormais appelé N1). En septembre dernier, j’ai résilié mon contrat avec Grenoble et je suis désormais à la recherche d’un nouveau projet.

Avant de revenir sur la fin de ton aventure au GF38, peux-tu me dire qu’est-ce que tu as ressenti au moment de signer ton premier contrat professionnel ?

C’est incroyable. Ça faisait presque dix ans que j’étais au club, donc signer mon premier contrat professionnel là-bas, c’était vraiment une sensation particulière. Et puis devenir professionnel, c’est une forme d’aboutissement qui vient récompenser tous les efforts fournis pour arriver jusqu’ici.

D’autant plus que tu étais un joueur issu de la région grenobloise, ce qui est assez rare ces dernières années au GF38. Est-ce que tu as ressenti une pression particulière à cause de cela ?

Franchement, je ne l’ai pas vécu comme ça. C’est vrai que je l’ai déjà entendu et qu’on me l’a fait ressentir, mais ce n’était pas quelque chose qui me préoccupait. J’ai simplement fait un bon bout de mon chemin au GF38 même si, forcément, j’aurais aimé jouer davantage en professionnel avec mon club formateur. Il y aura toujours des regrets à ce niveau-là même si j’ai eu des blessures et quelques petits pépins qui m’ont freiné.

Comment tu qualifierais le genre de milieu de terrain que tu es ?

Je suis un joueur qui a un bon volume de jeu. Je ne suis pas avare d’efforts, j’aime courir pour aider l’équipe. C’est vrai que je me considère avant tout comme un joueur collectif qui a une bonne qualité technique et une bonne vision du jeu.

Et puis tu es également polyvalent puisqu’on t’a déjà vu évoluer en défense centrale.

Oui, j’ai même fait mes débuts en professionnel en défense centrale, que ce soit lors des matchs amicaux ou même pour mon premier match officiel. Après, j’ai été formé au milieu de terrain et c’est vraiment là que je me sens le plus à l’aise. Mais c’est vrai que j’ai pu dépanner par moments, avec la réserve ou en équipe première.

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Tu parles justement de tes débuts en professionnels, quels souvenirs gardes-tu de ces moments-là ?

C’était incroyable. Au départ, je ne pense pas que mon intégration avec le groupe professionnel était prévue, ça s’est fait un peu par hasard. J’ai dû m’entraîner une ou deux fois sous les ordres de Maurizio Jacobacci avant d’enchaîner les séances avec Vincent Hognon. Tout était nouveau pour moi. J’ai fait une préparation estivale complète au contact du groupe et puis après je ne l’ai plus quitté. J’ai connu mes premières convocations, puis mes premiers matchs. Je me souviens de mes débuts en Ligue 2 contre Nîmes. J’avais joué une dizaine de minutes, mais c’était un rêve de gosse qui se réalisait.

Et puis tu avais même marqué au Stade des Alpes.

Je pense qu’encore aujourd’hui, c’est le plus beau souvenir de ma carrière. En plus, toute ma famille était dans les tribunes. Je me souviens que je me retrouve en position de frappe, le ballon arrive, je tire… et là tu entends tout le stade exulter. C’est un moment que je n’oublierai jamais. Le seul problème, c’est que j’ai marqué de l’autre côté du stade (rires). J’aurais préféré marquer face à la tribune Ouest, où se trouvent les supporters grenoblois. Il y a vraiment un kop qui te pousse pendant le match, mais ce n’est pas grave, j’ai quand même célébré des victoires avec eux après les matchs.

C’est justement Vincent Hognon, l’actuel entraîneur du FC Sochaux-Montbéliard, qui t’a lancé en Ligue 2. Quels souvenirs gardes-tu de lui ?

Avec Vincent Hognon, je pense qu’on avait une relation assez classique entre un coach et un joueur. C’est un meneur d’hommes qui peut parfois être dur, mais, pour ma part, ça m’a fait du bien parce qu’il a su me pousser quand il le fallait. Ce n’est pas un hasard si c’est sous ses ordres que j’ai joué le plus de matchs et que j’ai signé mon premier contrat professionnel à Grenoble.

Penses-tu que c’est un profil d’entraîneur idéal pour lancer de jeunes joueurs ?

Franchement, c’est compliqué de répondre. Ce qui est sûr, c’est que dans mon cas, c’était le profil qu’il me fallait à ce moment-là. Pour moi, ça s’est bien passé, après chaque joueur a une expérience différente avec un entraîneur.

Comme évoqué au moment de te présenter, tu as connu deux prêts (à Mâcon puis au Poiré-sur-Vie) durant ton aventure au GF38. Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Je pense qu’ils m’ont apporté autant humainement que footballistiquement. C’était la première fois que je quittais le domicile familial pour aller vivre seul, donc humainement, ça a été une expérience incroyable. J’ai appris à me débrouiller par moi-même. Après, sur le plan sportif, je pense que le premier prêt à Mâcon m’a un peu plus apporté que le deuxième, mais dans l’ensemble ça reste des expériences enrichissantes.

D’un point de vue personnel, tu as pu engranger du temps de jeu mais d’un point de vue collectif tu as connu deux relégations. Comment tu l’as vécu ?

Franchement, c’était compliqué. À chaque fois, je suis arrivé dans une équipe qui était déjà en difficulté, donc ça n’a pas forcément aidé. Mon objectif, c’était vraiment de tout faire pour aider le club à se maintenir. Malheureusement, ça ne l’a pas fait, pour plein de raisons. C’est sûr que ce n’est pas facile à vivre, mais d’un autre côté, je sais que j’ai tout fait pour aider l’équipe.

Entre ces deux prêts, tu vas faire toute la préparation estivale sous les ordres d’Oswald Tanchot en enchaînant même les titularisations. Est-ce que tu te dis que ton aventure au GF38 est véritablement lancée à ce moment-là ?

Je ne sais plus si je me suis dit que ça y est, c’était lancé. Ce dont je me souviens, c’est qu’il y avait un effectif très fourni, notamment au milieu de terrain. Je crois qu’on était huit ou neuf pour trois places de titulaire. À la fin de la préparation, le coach a fait ses choix. Je n’en faisais pas partie et je les respecte même si c’est une déception, on ne va pas se mentir. Après, c’est le foot, c’est comme ça.

Tu vas donc évoluer avec la réserve du club en Régional 1, cinq divisions en dessous de la Ligue 2. On sait que cela a pu être compliqué à gérer pour certains joueurs, comment tu l’as vécu de ton côté ?

Je pense que je l’ai vécu un peu différemment parce que je viens de Grenoble et que je connais cette équipe. Forcément, ça change un peu les choses. Après, je ne vais pas mentir, ce n’est jamais facile de redescendre avec la réserve quand on vient du groupe professionnel. C’est loin d’être plaisant, mais j’ai toujours eu de bonnes relations avec les entraîneurs et les joueurs de la réserve, donc j’y suis toujours allé dans l’optique de tout donner.

En septembre dernier, tu as résilié ton contrat avec le GF38. Peux-tu m’expliquer les raisons de cette décision ?

C’est très simple. J’ai eu un rendez-vous avec le directeur général, Max Marty, qui m’a fait comprendre qu’on ne comptait plus sur moi. De mon côté, je voulais jouer, donc j’ai préféré résilier mon contrat pour essayer de trouver un nouveau projet. Sinon, j’allais être bloqué jusqu’au mercato hivernal.

Justement, comment s’est déroulée l’année qui vient de s’écouler ? As-tu eu des contacts pour rebondir dans un autre club ?

J’ai quand même décidé de m’entraîner toute la saison parce que c’était important pour moi de garder un rythme et surtout de ne pas lâcher mentalement. J’avais une bonne relation avec Marama Vahirua (alors entraîneur de la réserve du GF38, ndlr), donc il a tout de suite accepté quand je lui ai demandé de m’entraîner avec lui, le temps que je trouve un nouveau projet. J’ai aussi effectué des essais. Je suis parti en Suède, en deuxième division, puis en Lettonie. Malheureusement, ça n’a pas été concluant pour des raisons autres que sportives.

Tu évoques la main tendue par Marama Vahirua. Il était en binôme avec Loïc Nestor, un jeune retraité bien connu dans les championnats français et notamment en Ligue 2. Qu’est-ce qu’ils t’ont apporté cette année ?

Avec Loïc (Nestor), on avait forcément une relation un peu particulière parce qu’on avait été coéquipiers auparavant. Humainement, je n’ai rien à redire, c’est un super mec. Et au-delà de ça, avec lui et Marama (Vahirua), j’ai pu profiter de leur expérience dans le football. On apprend tous les jours, c’est bénéfique pour les joueurs mais aussi pour le club.

En attendant de retrouver un projet, tu as intégré le stage d’été de l’UNFP. Comment s’est présentée cette opportunité ?

C’est Steven Pinto Borges (ancien joueur du GF38 et d’Annecy, désormais délégué régional pour le syndicat, ndlr), qui intervient pour l’UNFP dans les clubs, notamment à Grenoble. Je l’ai donc contacté parce que j’avais une bonne relation avec lui pour lui demander s’il y avait de la place cet été. Au départ, il m’avait mis un peu en attente parce que les groupes étaient déjà constitués. Puis une place s’est libérée, il m’a appelé et m’a proposé de venir. J’ai accepté tout de suite parce que c’est une expérience que je ne pouvais pas refuser.

On entend souvent dire que les conditions sont similaires à celles d’un club professionnel. C’est un sentiment que tu partages ?

Franchement oui, les conditions dans lesquelles on évolue sont incroyables. Le complexe est top, les terrains sont de qualité, les matchs amicaux aussi. On va encore jouer deux équipes de Ligue 1 (Lorient et Le Mans, ndlr) d’ici la fin du stage. Tout est réuni pour bien se préparer et être dans les meilleures conditions avant de retrouver un club.

Vous êtes tous à la recherche d’un nouveau club. J’imagine que c’est un bonheur partagé quand un de vous retrouve un nouveau projet ?

Depuis que je suis arrivé, plusieurs joueurs ont retrouvé un club. Honnêtement, ça me fait super plaisir pour eux. Je pense notamment à Jordy Gaspard (FC Rouen) ou Jordan Tell (FC Gifu, Japon) que j’ai connu à Grenoble. Il y a un mot qui revient beaucoup quand on parle de ce stage, c’est « famille » et c’est vraiment le cas. Tout le monde s’entraide et tire dans le même sens pour permettre aux autres de retrouver un projet.

C’est tout de même une période d’incertitude. Comment, mentalement, tu parviens à traverser cette épreuve ?

C’est clair qu’il y a un peu d’incertitude. Après, je pense qu’il faut croire en soi, continuer à travailler et ne pas lâcher. Ça finira par payer tôt ou tard.

Est-ce qu’on est moins exigeant face aux offres qui arrivent sur la table ?

Dans mon cas, oui. Je n’ai qu’une envie, c’est retrouver la compétition. Donc forcément, je suis à l’écoute des projets qui peuvent se présenter. D’autant que je viens de la Ligue 2 mais je ne m’attends pas à retrouver un projet dans ce championnat. Ça fait un an que je n’ai pas joué, donc aujourd’hui, je suis prêt à étudier toutes les opportunités.

On a parlé de Jordan Tell qui avait rejoint une équipe japonaise. Une aventure aussi loin de la France, c’est quelque chose qui pourrait te séduire ?

Franchement, ça pourrait me plaire. J’aime voyager et découvrir de nouvelles choses. Je pense que j’y réfléchirais sérieusement et que je pourrais me laisser tenter.

A propos Clément Varesano

Dans son panthéon du football, Nassim Akrour trône tout en haut. Amateur de défenseurs rugueux et de tacles appuyés, Clément prend autant de plaisir devant un derby de R1 qu'une finale de Ligue des champions. Élevé au pied des Alpes, il reste fidèle à ses racines : le Stade des Alpes et le gratin dauphinois.

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