À l’aube d’un nouveau bail en Ligue 2, le Grenoble Foot 38 (GF38) aborde la compétition avec un visage profondément remanié. Nouvel entraîneur, mouvements au sein de l’effectif, restructuration de la réserve : le club isérois suscite autant de curiosité que d’interrogations. Guillaume Charvet, présentateur de l’émission Foot Time Show sur News FM, nous livre son analyse globale sur le mercato, le profil du coach Olivier Frapolli et les défis qui attendent le GF38.
Entre l’arrivée d’Olivier Frapolli et un effectif largement renouvelé, a-t-on l’impression que le GF38 repart encore d’une page blanche cet été ?
Je parlerais plutôt d’une « semi-page blanche ». Il y a certes un remaniement du staff avec l’arrivée d’un nouveau coach, mais la cellule de recrutement reste en place et assure une forme de continuité dans le projet. On observe aussi une refonte de la réserve avec l’arrivée de la Pro 2 confiée à Frédéric Garny, qui s’apparentera à un second groupe pro en R1. Dans l’effectif, quelques cadres comme Clément Vidal sont toujours là pour faire office de leaders. Mais il est vrai qu’on conserve cette impression récurrente de repartir avec beaucoup de nouveautés et peu d’ancienneté.
Le GF38 mise sur « des profils latins ou méditerannéens »
Le club a rapidement annoncé des recrues d’expérience comme Alexandre Olliero, Maël Corboz ou Yohan Magnin. Est-ce le signe que la direction a voulu rassurer et corriger le tir ?
Tout à fait. Ce sont de très bonnes opportunités saisies rapidement par le club. Par le passé, le GF38 n’avait pas forcément l’habitude de recruter ce type de profils aguerris dès le début du marché. La direction a d’abord cherché à sécuriser une épine dorsale solide et expérimentée avant d’explorer d’autres pistes. C’est un choix cohérent, d’autant que le marché français reste financièrement très difficile d’accès sur certains postes.
Le recrutement s’est ensuite tourné vers des profils plus internationaux, notamment européens et méditerranéens. N’est-ce pas un pari risqué au vu de certaines expériences passées à Grenoble ?
C’est effectivement un pari. Nous avons vu arriver des joueurs comme Hoogewerf, Zé Leite ou Limouri. Historiquement, certains paris venus des championnats nordiques ou néerlandais n’ont pas toujours porté leurs fruits à Grenoble. Cependant, l’accent mis sur des profils dits « latins » ou méditerranéens, à l’image de Zé Leite ou de Leonardo Cerri, apporte une touche intéressante. Grenoble est une ville cosmopolite avec une forte identité et une communauté italienne et méditerranéenne importante. Cela peut créer une vraie alchimie avec le public, même si la réussite sportive restera le seul juge.
Un nouvel entraîneur qui fait bonne impression
L’arrivée de l’attaquant Leonardo Cerri a surpris, alors que la défense centrale semble encore dégarnie. Comment analysez-vous ce choix ?
La venue d’un défenseur central reste une certitude d’ici la fin du mercato, car l’effectif est encore trop court à ce poste après le départ de Mouyokolo. Concernant Leonardo Cerri, les matchs de préparation ont mis en évidence un manque flagrant d’impact physique et d’efficacité offensive. Du haut de ses deux mètres, formé à la Juventus, Cerri apporte un profil d’attaquant puissant et déménageur que le club n’avait pas du tout dans son effectif. C’est un coup très intéressant qui va apporter une vraie concurrence devant.
Olivier Frapolli s’est installé sur le banc grenoblois cet été. Quelles sont vos premières impressions sur le technicien ?
C’est un entraîneur très ouvert, humble et pragmatique. Il a prouvé sa quête de stabilité lors de ses sept années au Stade Lavallois et connaît parfaitement les rouages de la Ligue 2. Il a pleinement conscience des réalités économiques du GF38 et des limites des infrastructures, comme le centre d’entraînement. Même si la préparation a été compliquée par l’effectif en construction, on attend désormais de voir sa patte tactique et ses choix forts dès le début du championnat.
Que peut raisonnablement espérer le GF38 dans une Ligue 2 de plus en plus relevée ?
Comme pour tous les clubs disposant d’un budget similaire, l’objectif premier et vital reste le maintien. Néanmoins, en interne, la direction vise une place dans les dix premiers. Finir dans la première moitié de tableau serait une excellente performance. L’effectif comporte des joueurs très intelligents dans le jeu ; si la mayonnaise prend, on peut espérer accrocher le wagon du milieu de tableau supérieur.
Besoin de renouer du lien
Le Stade des Alpes s’est parfois vidé ces dernières saisons. Comment renouer le lien avec le public grenoblois ?
Cela passe par le jeu et les résultats, mais surtout par l’ancrage territorial. Grenoble souffre de l’absence d’un centre de formation agréé, ce qui empêche l’éclosion régulière de talents locaux auxquels les supporters peuvent s’identifier. Pour ramener du monde au stade, il faut proposer une équipe combattante, capable de faire vibrer le public et d’effectuer par exemple un beau parcours en Coupe de France. Il y a aussi un travail de fond à mener avec les clubs de l’agglomération pour recréer cette proximité qui existait par le passé.
Pour conclure, pouvez-vous nous présenter le Foot Time Show et vos nouveautés pour cette saison ?
Foot Time Show est une émission de radio créée il y a un peu plus de cinq ans sur News FM par Kévin Spitaleri et Melvyn Balmain. Depuis plusieurs saisons, nous l’avons recentrée à 100 % sur l’actualité du GF38. Cette année, je poursuis l’aventure à la présentation avec un rendez-vous mensuel sur les ondes et en Facebook Live, mais nous nous développons fortement sur les réseaux sociaux. Nous proposons des formats vidéo plus réguliers, comme des débriefs de matchs ou la rubrique humoristique « L’Instant Narvalo », avec toujours l’envie d’inviter des acteurs du club dans un esprit décontracté. Grande nouveauté cette saison : nous allons également commenter en direct des matchs du GF38 à domicile sur News FM